Edito

Dimanche 15 octobre 2017 – 28ème dimanche du Temps ordinaire (A)

Anniversaire de la dédicace de l’Eglise Saint-Honoré d’Eylau
(Octobre 1974)

Il y a la mairie et les cafés, l’école et le collège, le centre commercial et l’église. Tous ces bâtiments structurent notre vie et font vivre la grande communication de la société. Mais comment passer de la communication à la communion ? De la juxtaposition organisée de nos existences à la constitution d’une société ?

Parmi les différents édifices de nos villes, l’église est à part : c’est à la fois le bâtiment de la solitude et du rassemblement ; le coeur y trouve le repos mais aussi l’exigence du service. L’église est le pré d’herbe fraîche où le Christ nous fait reposer ; mais l’église est aussi la salle des noces où il redonne toute sa dignité à ses frères et soeurs, la dignité de l’amour véritable.

Dans notre quartier, à l’église de la place Victor Hugo comme à l’église de l’avenue Raymond Poincaré, à la chapelle du lycée Janson-de-Sailly ou à l’oratoire de l’aumônerie de Dauphine, le Seigneur donne à ses fidèles, non pas d’aller à la messe mais de vivre les noces, c’est-à-dire de recevoir une dignité nouvelle pour aimer en vérité. Mais peut-être souvent allons-nous à la messe sans vivre les noces ? « Ici-bas, vivre c’est changer et pour être parfait, il faut changer souvent » écrivait le bienheureux cardinal Newman. C’est bien là le projet du Seigneur: par les sacrements et la prière dans l’église, renouveler notre dignité, détruire notre violence et nous permettre d’aimer.

Je connais un jeune homme pour qui le temps était venu de donner sa vie dans le mariage. Il aurait voulu se déclarer et faire sa demande, mais la force lui avait manqué ; plus précisément, il avait constaté l’étroitesse de son ambition. Il n’avait pas fait de retraite depuis bien longtemps, mais il n’avait pas oublié la prière. Il est descendu de chez lui pour entrer dans l’église de son quartier et Dieu lui a donné de se connaître et d’entrer dans le don de lui-même.

A l’église, Dieu parle au coeur de l’homme : il n’y a d’abord plus que « moi-même et mon Créateur » comme disait Newman. L’homme redécouvre son existence personnelle et sa finitude et se remet entre les mains de Dieu. Alors le Seigneur élargit son coeur et dans l’église s’opère cette transformation: il y avait un homme, maintenant il y a un frère.

Puissions-nous davantage fréquenter nos églises ! Alors pourra s’accomplir le mystère des noces : Dieu me donne à moi-même et brise mon autosuffisance. Il m’intègre à son peuple !

Heureuse église ! En toi le Christ Jésus fait de nous des frères et des soeurs capables d’aimer !

Père François-Xavier Desgrange , vicaire