Edito

Dimanche 1er octobre – 26ème dimanche du Temps ordinaire (Année A)

Antennes paraboliques

Une parabole, il faut toujours en chercher la pointe, c’est-à-dire la signification principale : ce n’est pas aussi évident qu’on pourrait le croire. En français moderne, on devrait peut-être abandonner l’usage en ce sens de ce mot de « parabole » (qui évoque davantage aujourd’hui les mathématiques, ou plus encore une antenne de télévision…) pour parler tout simplement d’une énigme.

Ainsi, depuis deux dimanches déjà, et pour un certain nombre d’autres dimanches encore, la lecture continue de l’évangile de saint Matthieu nous propose plusieurs de ces petites histoires, inventées par Jésus, qui permettent, si nous le voulons, d’entrer dans la compréhension d’un mystère.

Ces paraboles des derniers chapitres de saint Matthieu sont situées juste avant la Passion et la mort de Jésus, et ce n’est pas par hasard. Il s’agit bien pour Jésus d’essayer d’introduire, de nous introduire, dans le mystère de la Passion, de la mort et de la Résurrection, ce renversement total des perspectives humaines, cette révélation d’une miséricorde de Dieu, d’une justice de Dieu, qui défie non seulement nos réflexes, mais même notre imagination…

Toute parabole a un sens caché, et c’est pourquoi il ne faut généralement pas la prendre au premier degré. Pour prendre l’exemple de la parabole du bon grain et de l’ivraie, personne n’aurait l’idée d’y chercher des conseils d’agronomie !

Il y a aussi des paraboles à tiroirs, un peu comme ces histoires à rebondissements qu’on se raconte de temps en temps, et dont les phrases commencent alternativement par « heureusement » et par « malheureusement »…

À travers toutes ces paraboles, enracinées dans la tradition d’Israël, et qui parlent au coeur de tous, y compris des enfants, Jésus, inlassablement, nous invite à accueillir, à nous rassembler, à nous convertir, à évangéliser.

Les paraboles évangéliques sont parmi les principaux trésors de l’Église, et de l’humanité entière : merveilleuses énigmes, toujours à déchiffrer !

Père Bertrand Bousquet, vicaire