Edito

Dimanche 12 novembre – 32ème dimanche du Temps ordinaire (Année A)

Avant l’heure, ce n’est pas l’heure ; et après, c’est trop tard

En ce mois de novembre, avec ses brumes et ses frimas, avec la Toussaint et le jour des morts, avec le onze novembre et le souvenir des tués à la guerre, avec la fin de l’année liturgique qui se profile à l’horizon, avec aussi comme une impression diffuse de fin du monde liée aux bégaiements sinistres de l’actualité et aux mauvaises nouvelles qui durent, climatiques ou autres…, il s’agit pour nous d’affirmer plus que jamais la réalité, l’humble réalité de ce que nous sommes – des êtres pécheurs et mortels – et la merveilleuse réalité de ce que Dieu promet à ceux qui mettent leur confiance en Lui, et leur espérance.

Soyons de ceux qui croient en la vie par-delà la mort, de ceux qui croient en Jésus mort et ressuscité, de ceux qui voient dans la mort non pas la fin terrible de toute communion, mais au contraire le passage vers la communion la plus totale avec le Christ et avec tous les saints!

Heureux ceux qui meurent dans le Seigneur ! Heureux donc ceux qui se préparent pour être prêts quand l’heure viendra. Prêts à ressusciter. Comme une mère se prépare à la naissance de son enfant…

Rappelons-nous que l’homme n’est pas la mesure de toutes choses. Ce qui est la mesure de toutes choses, c’est l’homme ressuscité. C’est donc le Christ en premier. C’est en fonction de l’homme ressuscité que l’Église se détermine, notamment en matière de théologie morale, de bioéthique, de bien commun, de préservation de la planète… Paradoxalement, c’est le meilleur moyen d’assurer déjà un vrai bonheur terrestre en attendant mieux, alors que ceux qui ne cherchent que le bonheur terrestre font fausse route et se rendent malheureux, en rendant les autres malheureux par la même occasion.

Comment nous préparer à ressusciter ? Comment nous préparer à la Venue du Seigneur ? Nous ne savons pas quand ce sera le moment. Ce qui est grave, ce n’est pas l’assoupissement, ce n’est pas la mort, ce n’est pas le péché. Ce qui est grave, c’est de ne pas être prêt quand l’heure viendra : l’heure, c’est l’heure ; avant l’heure, ce n’est pas l’heure ; et après, ce sera trop tard.

Père Bertrand Bousquet, vicaire