Edito

Eucharistie : action de grâces 

Dimanche 18 juin 2017, Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ (A)

«Pendant qu’ils célébraient le culte du Seigneur et qu’ils jeûnaient, le Saint-Esprit dit : mettez-moi à part Barnabé et Saul pour l’oeuvre à laquelle je les ai appelés. Alors, après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains et les laissèrent partir » (Ac 13,2-3). Nous sommes à Antioche de Syrie, là où pour la première fois les disciples de Jésus ont été appelés chrétiens. Barnabé y a entrainé Saul, le futur Paul, et ensemble ils se sont attelés à l’évangélisation de la ville. C’est là que l’Esprit saint intervient pour une nouvelle étape. C’est le début des voyages missionnaires qui vont porter l’évangile jusqu’au coeur de l’empire.

L’Esprit saint commande et on obéit aussitôt. On aimerait réagir de la même manière. Sursum corda ! C’est bien ainsi nous réagissons au départ annoncé du P. Antoine d’Augustin, alors que s’accumulent les questions dans nos coeurs troublés : comment va-t-on se répartir les tâches qu’il assurait ? (question de curé) ; qui osera encore comparer la Trinité à un hand-spinner ? (question d’enfant) ; de quel agenda va-t-on désormais s’occuper ? (question des couples Tandem, à qui le P. Antoine posait régulièrement un lapin à cause de l’adoration prévue le même soir) ; qui va nous parler des cinq langages de l’amour ? (question de fiancés) ; lequel d’entre nous a la main verte (question de confrères, devant récupérer les plantes envahissant la terrasse du P. Antoine, celle de la communauté, ou celle du 2ème étage…) ; avec qui va-t-on me confondre ? (question du P. Matthieu Villemot. Si, si, après cinq ans, il y en avait encore à les confondre) …

La liste est longue. Mais pour l’heure, nous vivons de l’Esprit, nous réjouissant de ce que le P. Antoine a accompli à St Honoré, comme de ce que St Honoré lui a apporté, et rendant grâces à Dieu. Si l’Esprit l’envoie au loin (il n’aura tout de même pas à traverser la Méditerranée ; pas même la Seine), à Notre Dame des Victoires, c’est sans doute pour qu’il y porte du fruit. Un sanctuaire qui convient bien à notre spécialiste de l’oraison et de la prédication, avec la présence tutélaire de la Vierge et le souvenir non moins vif de Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus.

Antoine, tu es un ami, un frère qui, je l’espère, n’est pas à l’étroit dans notre coeur, pour parler comme St Paul, et pourra toujours trouver, si tes pas ou tes coups de pédale te ramenaient dans le coin, une table ouverte et de la joie à partager.

Père Michel Gueguen, curé