Edito

Dimanche 5 novembre 2017 – 31ème dimanche du Temps ordinaire (A)

Exercice 1. Compétez la phrase :
« Tu seras ___________ comme ton père !»

Une petite phrase – et sa variante « tu seras ______ car ton père n’a pas pu l’être » – entendue bien souvent, ou pensée tellement fort par les parents qui rêvent à l’avenir « brillant » de leurs enfants, qu’elle s’inscrit dans l’inconscient de ces petites têtes blondes : « tu seras polytechnicien, docteur, avocat, ingénieur, PDG, acteur, préfet… » au masculin ou au féminin !

Du côté de l’enfant, le père constitue une référence, à imiter ou à ne surtout pas imiter, c’est selon. Il est celui par rapport à qui on se situe en premier. Du côté du père, se pose la question de la finalité de son autorité : il se voit confier un fils ou une fille à faire grandir… mais jusqu’où ? Vers où ? Selon quels critères ?

« N’appelez personne votre « Père » sur la terre : car vous n’en avez qu’un, le Père céleste » nous dit Jésus aujourd’hui. Une phrase-choc qui nous situe tous devant l’unique paternité, celle dont participent toutes les paternités terrestres, et nous rend notre plus beau titre : celui de « fils de Dieu ». Plus qu’un titre, « enfant de Dieu » désigne notre être profond, ce que nous sommes en vérité depuis notre baptême. Et ce titre, reçu gratuitement, est un appel à ressembler à notre Père du ciel. Voilà le véritable terme de notre existence. Voilà pourquoi la paternité divine est l’unique. Voilà pourquoi le Fils Unique, qui nous apprend notre rôle de fils de Dieu, nous dit :

« Vous serez _____________ comme votre Père céleste est __________. »

Vous avez sans doute retrouvé les réponses possibles : MISERICORDIEUX, PARFAITS, SAINTS. C’est à dire ce qui est le propre de Dieu. Voilà la vocation de chacun de nous, et de tous nos jeunes : aimer parfaitement, comme Dieu aime. Voilà ce que chacun doit demander pour lui-même et pour ses enfants. C’est justement ce que Dieu veut nous communiquer : « Car c’est moi le Seigneur qui vous rends saints ! » (Lev 20,8). Oui, Dieu veut nous faire ses égaux !

Concrètement, cette réussite brillante que Dieu veut pour nous a un contenu : « le plus grand parmi vous sera votre serviteur ». Qu’ils deviennent serviteurs. N’ayons pas moins d’ambition pour nos enfants. Laissons le Christ convertir nos regards d’éducateurs et apprenons aux jeunes à écouter les appels de l’Esprit Saint et les cris du monde.

Père Augustin Bourgue , vicaire