Edito

Dimanche 8 avril 2018 – 2ème dimanche de Pâques (B)
Dimanche de la Divine Miséricorde

La résurrection transfigure nos vies

Croire en la résurrection de Jésus, ce n’est pas seulement croire en un événement qui a véritablement eu lieu il y a deux mille ans. C’est tout autant croire que cet événement transfigure nos vies aujourd’hui.

Jésus est ressuscité dans un vrai corps humain, qui porte encore les traces de son histoire. Il n’a pas fui la condition humaine, il ne l’a pas reniée. Le corps qui est ressuscité est celui qui avait été conçu dans le sein de Marie, celui que Marie avait allaité, celui qui a été cloué sur la croix. Par conséquent, la résurrection transfigure l’humanité. Elle ne nous transforme pas en autre chose que des hommes. Nous ne devenons pas des anges, ni des hommes augmentés selon les rêves des transhumanistes. Nous restons pleinement humains. Mais notre humanité est désormais habitée par la puissance de la résurrection, c’est-à-dire par la puissance même de Dieu. De ce fait, chacun de nous reçoit la force de vivre sa vocation aujourd’hui. Le baptisé est uni à la résurrection, il y puise la force de vivre l’évangile et de l’annoncer au monde. Le laïc marié trouve là la force d’aimer. Jésus ressuscité épouse l’Église dans une alliance éternelle, par conséquent le mariage est indissoluble et les époux reçoivent la force d’aimer au-delà des épreuves. Le consacré est mis à part jusque dans son corps comme signe et témoignage de la résurrection de Jésus et de la promesse que nous y serons unis un jour. Le prêtre tire de la résurrection la puissance des sacrements qui font vivre l’Église.

La résurrection nous réconcilie avec notre humanité. La puissance de Dieu ne veut se déployer nulle part ailleurs que dans nos corps tels qu’ils sont, y compris avec leurs faiblesses. Nous pouvons donc les aimer tels qu’ils sont au lieu de rêver les reconstruire. Chaque vie humaine reçoit de là un prix incomparable, elle est celle pour laquelle Jésus est ressuscité. Ce point est particulièrement crucial dans cette année de révision des lois de bioéthique. Le prix de toute vie humaine, de sa conception à sa mort naturelle, est un des enjeux des débats actuels.

Rendons grâce au Christ de sa résurrection qui nous réconcilie avec nous-mêmes.

Père Matthieu Villemot, vicaire