Edito

Dimanche 14  janvier 2018 – 2ème dimanche du Temps Ordinaire (B)

« Nous avons rencontré le Christ ! »

On parle parfois de la vie de Foi comme d’une « rencontre personnelle du Christ ». Si on veut bien ne pas enfermer cette « rencontre » dans un formalisme type, cette formulation se révèle d’une grande richesse.

Le premier mérite de cette expression, c’est son réalisme. En parlant de la vie chrétienne comme d’une rencontre, elle nous rappelle que le Christ est vivant, ressuscité, et que je peux le rencontrer. Elle souligne en même temps le caractère personnel de cette rencontre. Dieu n’aime pas ses enfants « globalement », de façon indifférenciée, mais bien personnellement. Lui qui a désiré chacun de nous, qui nous a donné la vie et nous connaît mieux que nous même, nous appelle chacun par notre nom : « Samuel », « André » ou « Simon ». En ce sens, la rencontre personnelle avec Dieu inaugure une relation vivante et consciente avec Lui. Car on peut vivre dans une certaine proximité géographique, culturelle, intellectuelle avec le Seigneur Jésus et pourtant ne pas le connaître. La connaissance intérieure de Dieu ne peut venir que de l’amour. Elle suppose une « rencontre personnelle », dont Dieu a toujours l’initiative.

En effet, le second mérite de cette façon d’évoquer la vie de foi, c’est de laisser toute sa place à l’initiative divine. S’il s’agit d’une rencontre, c’est bien qu’elle fait intervenir une autre liberté que la mienne. La vie chrétienne est moins une quête de la perfection, un chemin de « développement personnel » ou un « travail sur soi » que la découverte d’un Autre qui me précède, qui m’appelle par mon nom et m’invite à lui répondre. C’est d’ailleurs ce qui fait la beauté, le sel, et la joie de la vie chrétienne, car Dieu ne cesse de nous surprendre ! Les textes de ce dimanche nous donnent quelques clés pour vivre cette rencontre : l’écoute et la disponibilité de Samuel dans le silence de la nuit, sa persévérance, l’aide de nos frères dans la foi, en particulier des aînés, comme Éli pour Samuel, le témoignage de l’Église, comme celui de Jean-Baptiste pour André, et surtout la Foi dans la Parole qui nous est adressée et qui appelle une réponse personnelle.

Le Seigneur désire se faire connaître. Désirons donc cette rencontre et prenons les moyens de la vivre. Elle change et renouvelle la vie !

Père Augustin Bourgue, vicaire