Edito

Sainte Famille de Jésus, Marie, Joseph

Dimanche 31 décembre 2017, (B)

Ils sont entrés dans l’église tous les trois, ce mardi 26 décembre, un peu comme les rois mages, mais eux n’apportaient que des questions. Deux garçons et une jeune fille, des élèves de première, qui désiraient rencontrer un prêtre « dans le cadre du TPE », un dossier à préparer pour le bac. Ils n’étaient élèves ni d’un des établissements catholiques de notre quartier ni du grand lycée public dont je suis aumônier, Janson de Sailly, mais d’un lycée privé « sans religion », l’Ecole Pascal. Leur sujet ? « Religion et environnement ». Ils avaient déjà rencontré un rabbin et voulaient maintenant discuter avec un prêtre pour lui poser plusieurs questions : « La nature est-elle importante dans votre religion ? Votre religion vous a-t-elle conduit à mieux respecter l’environnement ? Comment guidez-vous les fidèles dans une attitude responsable à l’égard de l’environnement ? ». Nous nous sommes installés dans le bureau d’accueil. J’ai pris le temps de leur répondre : oui, pour les chrétiens, Dieu confie à l’homme la nature non pour l’exploiter mais pour que tous puissent vivre ensemble ; oui, Dieu nous a fait intelligents et responsables, et l’insouciance à l’égard de l’équilibre écologique est un péché ; oui, le pape François stimule les chrétiens à s’impliquer dans la mise en oeuvre de comportements respectueux de l’environnement. Je leur ai raconté mes discussions avec les adolescents de l’aumônerie sur le lien entre la foi et le vie quotidienne et comment avec eux nous essayons de faire de l’écologie un enjeu de notre agir moral. Et j’ai terminé en leur présentant le vitrail de saint François d’Assise : le Poverello en qui se lia l’amour du Christ, le soin des pauvres et le sens de la création. Mais le plus réjouissant dans cette rencontre n’est pas pour moi le sujet, même si mon attachement à la question écologique est réel. Non, le plus réjouissant dans cet entretien était l’attente de ces jeunes : des lycéens qui, bien qu’éloignés eux-mêmes de la foi et incultes religieusement, pensent que demeure dans « la religion » un dynamisme de vie et une morale bonne pour l’avenir des hommes. Si nos familles vivaient des vertus de la sainte Famille ! Si les rites que nous pratiquons et les prières que nous récitons fécondaient nos coeurs ! Alors nos enfants deviendraient des témoins pour ces jeunes qui ne connaissent pas Dieu. Nos enfants, comme Jésus et grâce à Jésus, grandiraient et se fortifieraient, remplis de sagesse, guidés par la grâce. Véritable descendance d’Abraham, ils brilleraient comme les étoiles dans ce monde. Dans la lumière de Noël, au début d’une nouvelle année civile, demandons au Seigneur une vitalité nouvelle, une vitalité renouvelée par sa charité. Jean Lacroix disait que « l’amour se retrouve dans les trois vertus fondamentales : le courage, qui est la vertu du commencement, la fidélité, qui est la vertu de la continuation, le sacrifice, qui est la vertu de la fin ». Demandons cette charité divine, pour nous-mêmes et pour nos familles. Alors nous saurons vivre pour le bonheur de tous la délivrance que le Christ Jésus est venu nous apporter.

Père François Xavier Desgrange, vicaire