Edito

Dimanche 26 novembre 2017 – Solennité du Christ, Roi de l’Univers (A)

Solennité du Christ, Roi de l’Univers.

Si vous savez lire dans le rythme des saisons le langage de Dieu, les soirées sombres de novembre vous conduisent auprès du Christ Roi de l’univers : n’est-il pas le seul à nous donner la lumière véritable ? Il délivre d’abord les siens des ténébreuses « Principautés, Souverainetés et Puissances ». Il illumine ensuite le coeur de l’homme : Jésus ne change pas seulement nos habitudes et ne vient pas seulement nous donner un dévouement plus grand à l’égard du faible et pauvre. Il vient établir une unité nouvelle entre tous les hommes car il nous fait passer par le feu de son Amour.

Dans la nuit du 23 novembre 1654, Blaise Pascal est passé par une « nuit de feu ». On retrouva à sa mort, cousu dans la doublure de sa veste, le Mémorial de qu’il décida de garder sur lui chaque jour.

« L’an de grâce 1654. Lundi 23 novembre, jour de saint Clément pape et martyr, et autres au martyrologe. Veille de saint Chrysogone martyr, et autres. Depuis environ dix heures et demi du soir jusques environ minuit et demi.

Feu
Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et des savants.
Certitude, certitude, sentiment, joie, paix.
Dieu de Jésus-Christ.
Deum meum et Deum vestrum. Ton Dieu sera mon Dieu.
Oubli du monde et de tout hormis Dieu. »

Accueillir le feu de Dieu… Etre soudainement en sa présence, connaître Dieu d’une manière nouvelle, non plus théorique, mais être investi par la puissance divine. Quel chrétien ne désire pas vivre une telle nuit ? Dieu, de son côté, désire se donner à nous en Jésus Christ : Il veut nous habiter et agir en notre vie comme Il s’est investi, autrefois, dans le quotidien d’Abraham, Isaac et Jacob.

Pascal comprend que Dieu exerce sa puissance dans l’humilité d’une vie quotidienne frappée du timbre de l’Evangile. Si je demeure fidèle à une suite du Christ humble et aimante, le Christ Roi de l’univers fait de ma vie son instrument par lequel il unifie le monde et le conduit au Père.

« Il ne se trouve que par les voies enseignées dans l’Évangile. Grandeur de l’âme humaine.
Père juste, le monde ne t’a point connu, mais je t’ai connu.
Joie, joie, joie, pleurs de joie.
Je m’en suis séparé. Dereliquerunt me fontem aquae vivae.
Mon Dieu, me quitterez-vous… que je n’en sois pas séparé éternellement.
Cette (vie) est la vie éternelle, qu’ils te connaissent seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé J.-C.
Jésus-Christ. Jésus-Christ. Je l’ai fui, renoncé, crucifié. Je m’en suis séparé,
Que je n’en sois jamais séparé !
Éternellement en joie pour un jour d’exercice sur la terre ».

Gloire au Christ ! Il prépare un monde de paix où Dieu sera « tout en tous ».

Père François-Xavier Desgrange , vicaire