Edito

Dimanche 17 septembre 2017 – 24ème Dimanche du temps ordinaire (A)

Trois mots

Poète autant que prophète, Isaïe décrit par avance la parabole du verbe parmi nous dans des images aussi simples que puissantes;60 millions de pièces d’argent ! On se demande bien comment le serviteur de la parabole a pu contracter une telle dette ! Et on imagine sans peine le poids d’une telle créance, qui pèse lourdement sur sa propre vie et celle de sa famille : nuits blanches, projets impossibles, horizon bouché pour le restant de ses jours… car à vue humaine cette dette est impossible à rembourser. Et voilà qu’en un instant l’impossible se réalise ! Une parole du roi, et la dette est effacée. La lumière revient, la vie est à nouveau possible : tout a changé. Telle est la puissance du pardon. « Je te pardonne ». Trois mots qui relèvent, libèrent, ouvrent un avenir. Mais ces trois mots à la fois si simples et si puissants peuvent nous sembler hors de portée. Trop difficiles à prononcer. Trop coûteux. Seule l’abondance du pardon de Dieu peut nous rendre cette capacité. Si j’ai goûté un jour l’ampleur de la miséricorde de Dieu à mon égard (60 millions !), si j’ai accueilli, éperdu de reconnaissance, ce pardon gratuit et immérité… comment puis-je le refuser à mon frère ?!

Prêtre depuis quatre ans, ma plus grande joie est d’être le témoin émerveillé et l’instrument de ce pardon, espérant qu’il devienne dans les coeurs une source jaillissante de miséricorde.

Père Augustin Bourgue, vicaire