Edito du 2 octobre

Edito du 2 octobre

Dimanche 2 octobre 2016
27ème dimanche du Temps Ordinaire (C)

Imposition des mains (cf. 2ème lettre à Thimothée)

Le geste de l’imposition des mains (ou de la main droite) est très ancien, bien plus ancien que l’Église, puisqu’on le trouve déjà dans la Première Alliance.

Dans l’Évangile, on voit Jésus reprendre à son compte ce geste et l’accomplir à plusieurs reprises.

Ce geste de l’imposition des mains, les disciples du Seigneur l’ont renouvelé à leur tour, et il s’est perpétué dans l’Église jusqu’à nos jours, et il se perpétuera jusqu’à la fin des temps : même s’il constitue tout particulièrement le geste de l’ordination, il est présent, d’une façon ou d’une autre, à la célébration de tous les sacrements, et il constitue le geste dont l’emploi possible est le plus large, en-dehors même de la célébration des sacrements. Chacune et chacun de nous, dans le cadre ou non d’un sacrement, a ainsi reçu de nombreuses fois, personnellement ou en groupe, une imposition des mains.

C’est un geste ambivalent. Il exprime en effet à la fois la supériorité et la bénédiction.

Imposer les mains à quelqu’un, c’est d’abord le traiter en serviteur, mais à condition que cette personne soit consentante (ou supposée telle s’il s’agit d’un petit enfant), et à condition que celui qui accomplit le geste ne se considère pas comme supérieur ; c’est un signe de la supériorité de Dieu, et non pas de celui qui impose les mains. C’est une prière en acte, un geste de prière. On ne transmet aucun pouvoir, on ne se fabrique pas un serviteur à soi : on prie Dieu de Se faire un serviteur de plus.

Et c’est pourquoi ce signe d’assujettissement est en même temps un geste de bénédiction, c’est-à-dire un geste qui appelle sur quelqu’un la puissance de l’Esprit Saint.

C’est le mystère chrétien qui veut que nous acceptions d’abord d’être serviteurs, pour que le Seigneur ensuite fasse de nous ses amis. Le vrai projet de Dieu pour l’homme, ce n’est pas la soumission, qui n’est qu’un moyen et un passage ; le vrai projet de Dieu pour l’homme, c’est sa bénédiction, c’est le don de son Esprit, c’est la volonté d’unir tous les hommes à son propre Fils.

Père Bertrand Bousquet, vicaire

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