Edito du 25 septembre

Edito du 25 septembre

Dimanche 25 septembre 2016
26ème dimanche du Temps Ordinaire (C)

« Le bon vivant fait un bien vilain mort ! »…

« Le bon vivant fait un bien vilain mort ! » Cette sentence monastique devrait nous rendre prudent. Il ne s’agit pas de dénigrer les plaisirs de la vie : le Seigneur a fait couler le vin à flots pour célébrer les noces à Cana. Mais d’être lucide quant à l’influence des plaisirs sur notre présence au monde. De bons plats, un logis agréable, du sport ou du bridge, des spectacles pour les plus âgés, des vidéos pour les plus jeunes, un travail soigné… Et me voilà satisfait, repu, tranquillisé, placide dans ma solitude. Regardez le riche de la parabole : il est paisible dans sa maison, attablé, seul ou dans une connivence stérile avec ses pairs. Sous l’effet des plaisirs, il s’est séparé de l’autre, et donc de Dieu. Peut-être avait-il cru trouver dans ce plaisir la solution à un tourment intérieur ou l’apaisement pour une histoire tourmentée. Peut-être même se mentait-il à lui-même : « je ne cherche pas le plaisir dans mon travail, puis à ma table ! Je me rends utile et amical ». Mais il ne cherchait que sa paix personnelle.

La paix ne vient que de la rencontre de l’autre, du service, parfois douloureux, de celui que Dieu met sur ma route. Les Pères donnaient comme modèle le quadrige : il tient bien en main les rênes de ses chevaux qui, sinon, l’entraineraient dans le fossé. Nous aussi, nous devons veiller aux plaisirs de la vie et aux satisfactions intellectuelles : ils peuvent nous isoler de ceux qui ont besoin de nous.

Quel bonheur voulons-nous vivre ? Le riche de la parabole a choisi son bonheur : le plaisir dans une maison fermée. Lazare, lui, dans la rue avait la main tendue, pas seulement pour recevoir une pièce mais pour serrer une main et réconforter le passant par son sourire. Il me fait penser à un des saints les plus présents dans nos églises : saint Roch. Jeune médecin, il part en pèlerinage. Il soigne ceux qu’il rencontre. Touché à son tour par la maladie, il se retrouve seul. Mais un chien vient lui apporter du pain. Or le chien est suivi par son maitre. Qui voit, enfin, dans le pauvre Roch, un frère malade.

Merci les enfants ! Vous êtes joyeux mais turbulents, parfois malades et pas toujours premiers de la classe. Quand ils vous voient, vos parents et vos catéchistes se réveillent : vous leur permettez de refaire le choix du bonheur véritable : servir le plus faible, et vivre de ce grand amour dont Dieu nous a aimés.

Père François-Xavier Desgrange, vicaire

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