Edito

Dimanche 20 septembre 2020 – 25ème dimanche du temps ordinaire (A)

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Cet été, j’ai eu quarante ans. Si l’on en croit les statistiques, me voilà désormais dans la seconde moitié de mon existence terrestre. Contrairement aux anniversaires précédents, ce passage a fait naître en moi un sentiment puissant. Non pas d’angoisse ou de panique, ni même de nostalgie au vu de la jeunesse qui s’éloigne (bien que les terrains de rugby risquent de bientôt me manquer), mais plutôt le jaillissement d’une conscience très nette : il est temps de se convertir ! Il est temps de désirer de tout mon être la sainteté. De prendre enfin au sérieux l’Évangile et de ne rien refuser au Seigneur. Voici quatorze ans que, chaque matin, retentit à mes oreilles le constat amer du Seigneur : « Quarante ans leur génération m’a déçu, et j’ai dit : ce peuple a le coeur égaré, il n’a pas connu mes chemins… » (Ps 94)(1). Il est donc temps d’abandonner les chemins de traverse, de supplier le Seigneur d’être libéré des caprices de l’ego, des pièges de l’imaginaire et du confort, pour se livrer tout entier à son appel, dès aujourd’hui. Me voilà habité par les mots de Sainte Thérèse de Lisieux (qui n’a pas attendu quarante ans pour les écrire et pour les vivre) : « La vie n’est qu’un instant, une heure passagère. Ma vie n’est qu’un seul jour qui m’échappe et qui fuit. Tu le sais, ô mon Dieu, pour T’aimer sur la terre, je n’ai rien qu’aujourd’hui ! ». 

Pour que nos vies ne soient que « oui » au Père, comme celle du Christ, nous savons qu’un combat nous attend dans les petites choses du quotidien. Il est certainement dans nos vies des petites décisions plus importantes pour notre salut que bien des grandes, comme le choix de notre état de vie. Que la Parole nous réveille en ce dimanche : 

« Cherchez le Seigneur tant qu’il se laisse trouver ;
invoquez-le tant qu’il est proche.
Que le méchant abandonne son chemin,
et l’homme perfide, ses pensées !
Qu’il revienne vers le Seigneur qui lui montrera sa miséricorde,
vers notre Dieu
qui est riche en pardon. »
Is 55, 6-7 

Père Augustin Bourgue, vicaire

(1) Le psaume 94, psaume « invitatoire », ouvre chaque matin le premier office du jour.