Edito

Dimanche 21 février 2021 – 1er dimanche de Carême (B)

A Dieu, Yves Blocman

Cher Yves, vous avez achevé votre course le 11 février, en la fête de Notre Dame de Lourdes, qui veille sur les malades et accompagne chacun d’entre nous jusqu’à « l’heure de notre mort ». Vos obsèques sont célébrées ce vendredi, 1er du Carême, sous le signe de la Croix, ou du chemin à parcourir pour redécouvrir dans ce signe l’immense amour du Christ et sa victoire. Vous partez discrètement : l’âge et la maladie n’invitent pas à en faire des tonnes, votre tempérament peut-être aussi même si je n’ai connu de lui que celui des dernières années. Mais vous étiez bien connu dans le quartier où vous viviez depuis longtemps, et depuis 2005 l’ordination diaconale vous avait fait apparaître davantage. On vous a entendu lire l’Evangile quand votre voix le permettait encore, on vous a vu auprès de l’autel élever la coupe, inviter au partage de la paix quand elle était possible, renvoyer chacun dans la paix du Christ. Ce sont de modestes participations, mais elles procèdent de votre état et de votre mission. 

La mission d’un diacre est celle du service. Vous la partagiez avec les prêtres et les évêques. Si on vous qualifie de diacre permanent, ce n’est pas au sens où ce caractère de serviteur ne serait qu’une étape passagère pour les autres. On sait trop où l’oubli du service peut conduire le pouvoir et transformer l’Eglise en une institution purement humaine. Vous êtes diacre permanent parce que vous vous arrêtez là, parce que le service le mérite, parce qu’il est l’attitude de fond du Christ, parce qu’il est absolument nécessaire si nous voulons transformer le monde, le rendre plus habitable et plus chaleureux. 

Vous viviez ce ministère intérieurement, sans doute attentif aux plus nécessiteux, pauvres ou malades, désireux d’offrir un « coeur qui écoute » à tous ceux qui en avaient besoin. Vous vous étiez formé à cette écoute dont beaucoup ont bénéficié, bien au-delà d’activités ecclésiales. Ecoute et bien sûr conseil selon ce que l’Esprit vous inspirait. 

Vous aviez choisi un extrait du Miserere (Ps 51) pour accompagner votre ministère : « Rends-moi la joie d’être sauvé ». Une prière que le pécheur adresse à Dieu, après être longuement descendu au profond de lui-même, témoignant qu’il n’y a que Dieu qui puisse créer à neuf, rendre la joie de vivre, d’aimer et de louer. 

Cher Yves, je vous souhaite de connaître la joie du salut et d’en être pour vos proches et ceux qui vous ont aimé un témoin. 

Père Michel Gueguen, curé