Edito

Dimanche 15 mars 2020 – 3ème dimanche de Carême (Année A)

 Afin de se porter vers Dieu avec plus de ferveur

En raison de la propagation du Coronavirus 19, de nombreux évêques ont donné des consignes sur la manière de recevoir la communion. Il n’était pas évident de changer sa manière de faire : car, pour ceux qui reçoivent le Corps du Christ dans la bouche, comme pour ceux qui Le reçoivent dans la main, le geste et l’attitude sont une manière de manifester leur respect, leur foi et leur gratitude au Seigneur Jésus Christ réellement présent dans le sacrement de l’Eucharistie. Je remarque avec joie que le plus grand nombre de ceux qui ont l’habitude de recevoir le Corps du Christ dans la bouche ont, avec obéissance et confiance, accepté de recevoir le Sacrement dans la main. Cette question n’est pas anecdotique car « l’âme se sert des membres du corps afin de se porter vers Dieu avec plus de ferveur », comme le dit l’auteur des « Neuf manières de prier de Saint Dominique ». 

C’est l’occasion de réfléchir à notre manière de vivre notre corps. N’est-ce pas d’ailleurs un des chemins du Carême ? Le jeûne en effet nous aide à « discipliner notre corps » pour renouveler l’offrande de nous-même et obtenir de la grâce de Dieu « des fruits spirituels ». 

Il ne s’agit pas seulement de mesurer son alimentation mais aussi de mieux intégrer nos gestes dans la prière. Peut-être pouvons-nous nous inspirer de saint Dominique qui variait les expressions de son corps dans sa prière : il se tenait debout et incliné pour dire son respect envers le Seigneur Christ, « considérant avec humilité son chef Jésus-Christ, comparant sa propre position d’esclave avec l’excellence du Christ » ; ou étendu la face contre terre » pour implorer le pardon de Dieu. « Il faisait de nombreuses génuflexions ; tantôt il se relevait, tantôt il s’agenouillait » et cela l’aidait à poser un regard paisible de reconnaissance sur le Christ Jésus. Il aimait aussi à se tenir debout les bras étendus ou levés ; il restait aussi assis, se cachant la tête entre les mains pour implorer la miséricorde de Dieu pour les pécheurs ou recueillir l’amour que Dieu déversait dans son coeur. 

A nous, à notre tour, de trouver les gestes de notre prière. Prier n’est pas seulement parler et écouter, c’est aussi demeurer dans l’expression longue de son respect et de son attachement au Dieu très bon en gardant les mains posées sur ses genoux, ouvertes, jointes ou levées, c’est se tenir debout ou à genoux, assis ou étendu pour implorer sa miséricorde et recevoir sa grâce de renaissance. 

Le psaume 94, que nous prions à la messe de ce dimanche, nous invite à de beaux gestes : « Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous, adorons le Seigneur qui nous a faits ». Pratiquons ce psaume cette semaine avec de beaux gestes en union avec les catéchumènes pour adorer en esprit et vérité. 

Père François-Xavier Desgrange, vicaire

Anna, Diane, Isabel, Jean-Christian, Jérémy, Matthieu, Morgan, Nathalie, Rima-Marie, Thomas. Pour les soutenir, chaque jour de cette semaine, je récite le psaume de ce dimanche, et j’essaye de varier mes attitudes corporelles pour être en accord avec ma prière.