Edito

Dimanche 24 janvier 2021 – 3ème dimanche du temps ordinaire (B)

Amen ! (Apocalypse 22, 20)

« Amen » est dans la liturgie chrétienne le mot le plus prononcé et il pourrait être aussi le mot dit avec le moins d’attention s’il est dit par réflexe. C’est un mot qui mérite qu’on y prête plus d’attention quand il sort de nos lèvres dans nos célébrations.

Dans le dernier chapitre, et l’avant dernier verset de l’Apocalypse de saint Jean, apparaît ce mot tout simple, qui est d’abord emprunté à la liturgie juive, et signifie « en vérité » ou « que cela soit vrai ». C’est la raison pour laquelle nous voyons Jésus lui-même l’utiliser souvent. Nous le traduisons souvent par « ainsi soit-il ». Quand nous demandons quelque chose à Dieu, nous ne cessons pas de prier avant de sentir intérieurement que notre requête reçoit une approbation de la bouche même de Dieu. « Amen » signifie que nous avons parlé à Dieu, mais Dieu est aussi en nous et il se sert de notre bouche pour répondre à notre prière. Cela veut dire que Dieu approuve notre prière. Voilà pourquoi un petit mot requiert une pleine conscience quand nous le prononçons puisqu’il est d’abord une parole de Dieu avant d’être une parole humaine.

Par ailleurs, le contexte dans lequel se retrouve ce mot dans le Nouveau Testament, dit toute notre foi en la prière que nous présentons à Dieu. « Amen » est en lui-même une prière qui motive un désir : « Amen, viens Seigneur Jésus. » Seul le désir du Christ donne à la prière que nous formulons toute sa valeur. Prier et dire « Amen » par la suite, c’est juste désirer Dieu, désirer sa présence en nous et dans le monde. Qu’il en soit donc ainsi !

Père Francis Agbokou