Edito

Année saint Joseph

Dimanche 14 février 2021 – 6ème dimanche du temps ordinaire  (année B)


Le pape François a voulu confier l’Église, en cette année douloureuse, à saint Joseph, le protecteur de Jésus. Tout d’abord le pape rappelle que Joseph est appelé le père de Jésus (et pas le père nourricier, adoptif, putatif ou que sais-je). Il n’est pas son géniteur mais il l’a reconnu en lui donnant son nom et cela fait de lui un père. Puis le pape déploie plusieurs thèmes qui valent aussi pour tout père. J’en reprendrai quatre : Joseph est un père aimé par tout le peuple de Dieu et à travers lui par Dieu. Avant d’aimer son épouse et ses enfants, le père doit se savoir rempli de l’amour de Dieu. Il faut recevoir l’amour pour le donner. Joseph est un père dans la tendresse. Il a aimé tendrement Jésus et il a été pour Jésus comme pour tout enfant le premier signe de la tendresse de Dieu le Père. Reprenant un de ses thèmes favoris, le pape précise : « Le Malin nous pousse à regarder notre fragilité avec un jugement négatif. Au contraire, l’Esprit la met en lumière avec tendresse. La tendresse est la meilleure manière de toucher ce qui est fragile en nous ». Joseph a été un père obéissant. Pour exercer correctement une autorité, sans abus d’aucune sorte, qu’elle soit familiale, sociale ou ecclésiale, il faut la vivre dans l’obéissance à Dieu. Enfin, Joseph est travailleur. Il ne met pas seulement en lumière la dignité du rôle de père mais aussi la dignité du travail, que les encycliques sociales de l’Église ont tant défendu. 

Je me permettrai d’ajouter un point que le pape ne relève pas : Joseph, en application de la Torah, a appris à Jésus à prier. Il lui a enseigné le Shema Israël puisque cela était exigé de tout père. Jésus a poussé l’humilité jusqu’à apprendre à prier son Père d’un homme, d’une humble créature. À travers Joseph, nous voyons l’humilité de l’incarnation. 

Confions-nous donc résolument, avec toutes nos épreuves, à ce père saint.  

Père Matthieu Villemot, vicaire