Dimanche 18 décembre 2022 – 4ème dimanche de l’Avent (Année A)

Bienvenue ?

 J’ai toujours été étonné de voir les animateurs de télévision, ou encore les sites Internet, souhaiter la bienvenue à leurs « visiteurs ». Quand on y réfléchit, ce ne sont pas eux qui sont « visités » : ils sont bien plutôt invités (ou non) à visiter des écrans qui leur sont étrangers. C’est donc à eux de demander humblement la bienvenue. 

Il en est de même avec le Seigneur. Orgueilleusement, nous croyons l’accueillir dans notre vie en lui faisant un peu de place. Alors que c’est lui qui nous accueille dans la sienne en nous faisant généreusement beaucoup de place, au point que chez lui nous nous sentons chez nous. 

Lorsque Jean-Marie Lustiger, Archevêque de Paris, « visitait » les paroisses de son diocèse, toujours aimable il avait l’habitude de reprendre vertement ses curés quand ceux-ci lui faisaient part de leur intention de lui préparer un petit mot de bienvenue : « Tu n’as pas à me souhaiter la bienvenue ! Je suis l’Évêque, je suis partout chez moi ! » Sur ce point, et avec toutes les réserves que l’on pouvait faire quant à la forme, il avait raison. 

De même, et plus encore, lorsqu’il s’agit du Seigneur : « Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. » (Jn 1, 11) Sans doute parce qu’ils avaient oublié qu’il est partout chez lui. 

Lorsqu’il est venu la première fois, « il n’y avait pas de place dans la salle commune. » (Lc 2, 7). Lorsqu’il viendra dans la gloire, « trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Lc, 18, 8) 

Il vient chaque jour pour tous ceux qui sont capables de l’accueillir, c’est-à-dire ceux qui savent qu’en fait c’est lui qui sans cesse nous accueille et nous souhaite la bienvenue. 

Et Joseph accepte de prendre chez lui son épouse et l’Enfant qu’elle attend – qu’ils attendent – car il a compris que c’est lui, Joseph, qui est accueilli, et que c’est lui à qui le Seigneur lui-même souhaite la bienvenue. Comme à nous. 

Père Bertrand Bousquet, vicaire 

Menu