Edito

Dimanche 23 juin 2019 – Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ (C)
Prière pour les vocations sacerdotales (8)

Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ? (Ps 116,12)

Devenir prêtre ? Jamais. Telle a été ma réponse à la question du sacerdoce qu’un séminariste m’a posée en 1999. Certainement, je n’étais pas conscient de ce que je disais à 16 ans, car je pensais plutôt consacrer ma vie à la musique, au théâtre ou à la Marine nationale colombienne à cause de l’influence d’un oncle qui m’encourageait à adopter le même style de vie que lui. Je suis le fils aîné de cinq enfants, d’une famille catholique pratiquante, mais sans aucune trace familiale de vie religieuse ou sacerdotale. Voilà pourquoi j’ai été ferme dans ma réponse. C’est grâce à ma soeur, ou plutôt à Dieu qui s’est servi de ma soeur pour me faire considérer le sacerdoce comme une réponse à son appel, comme la manière de le remercier pour un événement qui a marqué positivement mon enfance et que je n’ai découvert qu’à la fin de mes études au séminaire, que je suis devenu prêtre.

À la question du « devenir religieuse ? », ma soeur a dit oui. Moi, je devais l’accompagner à la paroisse pour les réunions vocationnelles auxquelles elle s’intéressait beaucoup. Au bout d’un certain temps, alors que je l’attendais à la sortie de la salle paroissiale, un séminariste m’a invité à entrer. Cela ne m’intéressait pas du tout mais plusieurs fois, j’ai accepté d’entrer. Je pense que le Seigneur attend de nous une réponse simple mais sincère et directe parce qu’un jour précis, j’ai reçu un petit papier qui disait : « Le Seigneur compte sur toi, tu veux y répondre ? Oui__Non__ ». La manière directe de cette formulation m’a bouleversé. Ma soeur – qui était à côté de moi – a marqué oui. Une amie qui m’accompagnait et qui était de l’autre côté a marqué non. Je ne savais pas quoi faire. Je me suis dit : si je dis non, rien ne va arriver, mais si je dis oui, qu’est-ce que va se passer ?

Quelques jours plus tard, ma soeur est partie quelques semaines pour une expérience chez des religieuses, et moi, je suis parti au séminaire pour un weekend vocationnel. À notre retour, nos parents nous ont dit : et alors ? Ma soeur était complètement déçue, moi par contre, j’étais convaincu de répondre à l’appel du Seigneur sans savoir comment. Treize ans après, je célébrais le mariage de ma soeur et remerciais le Seigneur pour tout le bien qu’il m’avait fait.

Tout a commencé par une question et par une réponse radicale, comme cela s’est répété quand mon évêque m’a dit : « tu dois aller à Paris pour faire des études ». J’aurais pu répondre : « jamais », car je venais d’être nommé curé, mais j’aurais perdu l’occasion de connaître tant des personnes, de vivre des expériences qui ont touché ma vie sacerdotale, comme celle-ci, de partager avec vous ce que le Seigneur a fait pour moi.

Le jour de la fête du Saint Sacrement, je remercie le Seigneur pour son appel et son amour pour moi. Priez pour que je puisse lui être fidèle. Merci chers paroissiens pour votre accueil et votre témoignage, désormais vous faites partie de mon histoire vocationnelle.

Père Gabriel Alarcon