Lundi 12 décembre 2021 – 3ème dimanche de l’Avent – Gaudete (Année C)

Consubstantiel

Parmi les modifications les plus « substantielles » -c’est le cas de le dire- du nouveau missel, il y a le remplacement de « de même nature » par « consubstantiel ». Essayons de comprendre ce terme. Commençons par un peu d’étymologie : D’abord, cette traduction respecte le Latin, qui porte « consubtantialem » lui-même une traduction littérale du grec « homoousios ». Ensuite un peu d’histoire : Ce dernier terme a été au centre des débats du concile de Nicée, le premier concile oecuménique de l’Église chrétienne en 325. Le Fils est consubstantiel au Père. L’affirmation que l’Esprit Saint est également consubstantiel aux deux autres personnes ne viendra qu’au concile de Tolède en 675. Le mot « consubstantiel » est donc central en théologie. Autrement dit, d’un point de vue dogmatique le mot consubstantiel est beaucoup plus exact. Mais rien de tout cela ne nous dit ce que ce terme veut dire. Je ne sais plus quel théologien, qui s’opposait à la traduction « de même nature » objectait avec raison : « deux chaises sont de même nature mais elles ne sont pas consubstantielles ». Vous et moi partageons la nature humaine, mais nous ne faisons pas Un. Le Fils et le Père sont Un seul Dieu. Pour dire ce Un, les pères du concile de Nicée sont allés chercher le terme philosophique grec « ousia », « substance », qui désigne l’être le plus intime de la chose. Ce qui fait que la chose est réelle. Dire que le Père et le Fils sont consubstantiels, c’est dire que le plus réel en eux leur est commun. Ils ne sont pas un seulement moralement comme un couple, ils sont un dans leur être. Nous devons donc nous réjouir que la nouvelle traduction nous rende la vérité de notre foi que la précédente traduction avait affaiblie. Certains objectent que « consubstantiel » est imprononçable, c’est juste une question d’habitude ! 

Père Matthieu Villemot, vicaire

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