Edito

Dimanche 17 novembre 2019 – 33ème dimanche du temps ordinaire (Année C)

Conversions

Concluant l’assemblée plénière des évêques de France, Mgr de Moulins-Beaufort a appelé l’Église de France à une « conversion » face aux abus de tout genre qui ont eu lieu. Le rapport d’étape de la CIASE sur les abus sexuels nous montre l’ampleur de la tâche. Et encore ce rapport ne traite-t-il pas les abus de pouvoir ou autre. Cette conversion, dans l’esprit du président de la conférence des évêques de France, c’est d’abord celle des évêques. C’est à eux d’abord, parce qu’ils sont dépositaires de l’autorité des apôtres, de trouver les réponses évangéliques à la crise actuelle. L’assemblée plénière en cite plusieurs, dont la décision d’indemniser les victimes, décision qui vaut plus par sa portée symbolique de reconnaissance de la souffrance des victimes que par l’argent qui sera effectivement versé. À l’échelle des diocèses, dont le nôtre, d’autres décisions fortes ont été prises.

Mais il serait vain de penser que la question est seulement celle des évêques. Chaque prêtre, à son niveau, dans son ministère, doit également veiller à réformer ce qui doit l’être pour que le plus petit soit respecté. Le pape nous a appelés à bannir le cléricalisme. Une des causes majeures des crimes qui ont eu lieu a été la place indue accordée à certains prêtres. Il faut apprendre à travailler en équipe, à travailler avec les laïcs, à travailler avec les femmes. Notre paroisse travaille à mettre au point une table ronde sur la question du cléricalisme dans la paroisse, qui devrait avoir lieu dans les mois à venir.

Mais il serait bien sûr absurde de laisser les laïcs à l’écart d’une réflexion qui prétend leur donner plus de place. Les laïcs sont concernés par la situation actuelle à plus d’un titre. D’abord, ils sont les premières victimes. Ensuite, c’est en les écoutant que nous trouverons les justes manières de les associer davantage à la mission. N’hésitez pas à nous faire remonter les réformes que vous jugerez utiles sur la paroisse. Enfin, n’ayons pas peur de le dire, il y a aussi des conversions nécessaires chez les laïcs. Il y a chez certains laïcs une manière de donner à tel prêtre charismatique une place indue qui n’est pas juste. Il y a parfois aussi un cléricalisme laïc. Dans une paroisse qui n’est pas à Paris, j’ai vu un homme qui lisait la seconde lecture de la messe du dimanche depuis vingt ans et qu’il n’était pas question de déloger sous peine qu’il fasse un scandale dans toute la paroisse.

Demandons donc tous la grâce de la conversion à l’évangile et prions ensemble pour l’avenir de l’Église.

Père Matthieu Villemot, vicaire