Dimanche 10 octobre 2021 – 28ème dimanche du temps ordinaire (B)

Cura animarum : le soin des âmes

Le mot curé tire son étymologie de cette expression : « cura animarum », qui peut se traduire ainsi : le soin des âmes. La fonction de « curé » indique donc une mission : prendre soin. Prendre soin des personnes que Dieu confie à son Eglise. C’est aussi ce qu’on appelle « la charge d’âme ». Grande responsabilité, dont on ne saurait tirer orgueil, mais bien plutôt qui doit susciter sainte inquiétude et surcroît d’humilité. Sainte inquiétude car la tâche est vaste et délicate qui demande un complet don de soi en même temps qu’une réelle désappropriation, et surcroît d’humilité car voilà que Dieu confie à quelqu’un qui est lui-même « pauvre pécheur » de guider sur le chemin de la vie avec Dieu, le chemin de la sainteté. 

Le soir du Jeudi Saint le Christ Jésus se mit à genoux devant ses apôtres pour leur laver les pieds. Après ce geste déroutant il leur enseigne : « Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. Amen, amen, je vous le dis : un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie. Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites. ». (Jn 13, 14-16) 

À ceux-là même à qui il confiera la charge apostolique, Jésus lave les pieds en signe du pardon des péchés dont ils ont eux-mêmes besoin et qu’ils seront appelés à annoncer et servir. Tout apôtre est témoin et serviteur de la miséricorde de Dieu dont Jésus est le véritable Prêtre et le « canal ». Tout curé reçoit sa mission de l’évêque pour être pour le peuple de Dieu qui lui est confié, témoin de l’Evangile et serviteur de la miséricorde infinie d’un Dieu qui nous aime et désire pour nous la Vie. 

Jésus, lui le Bon Berger, s’est mis à genoux. Il a pris la place du serviteur pour accomplir la mission reçue de son Père : ouvrir à tous le ciel et les conduire vers son amour éternel. 

Tel est le rôle de tout prêtre, a fortiori d’un curé, suivre le Christ dans la même voie du serviteur, qui conduit sur le chemin du ciel en donnant sa vie pour les brebis qui lui sont confiées. C’est ainsi qu’il est véritablement un pasteur « selon le coeur de Dieu » (cf. Jérémie 3,15). 

En tant que nouveau curé de Saint-Honoré d’Eylau je me confie à votre prière pour accomplir sans réserve cette mission de service de tous, dans la communion et la complémentarité de toutes les vocations de baptisés. 

Père Antoine d’Eudeville, curé

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