Dimanche 6 novembre 2022 – 32ème semaine du Temps Ordinaire (Année C)

De la lutte contre la dépendance

L’hiver arrive, le froid va s’installer et nos cœurs généreux font que nous sommes plus sensibles à la misère d’autrui. Et parmi toutes les misères qui nous touchent, il y a celle de la dépendance, dépendance due à l’âge ou à un handicap. L’angoisse de tout un chacun est de se retrouver sous la dépendance d’un tiers, ou pire, de sa famille, pour exercer les gestes les plus élémentaires comme manger, se laver, se déplacer. D’où la recherche d’une voie pour conserver la plus grande autonomie possible : l’aide à la personne en est une, la technologie en est une autre.

Dans Paris Notre Dame de la semaine dernière, Charlotte de Vilmorin, atteinte d’une amyotrophie spinale, explique qu’on lui a posé un bras robotisé pour gagner en autonomie, car elle n’était plus en mesure de manger seule. On pourrait louer la technologie, mais cette jeune fille finit par dire : « au fond, il [ce bras] m’isole davantage ». Cela peut surprendre. Mais de fait, être dépendant, c’est avant tout être isolé car rien ne peut être fait par soi-même. C’est une situation générale.

Maintenant, si on enlève une des sources de dépendance, il y a un gain en autonomie sur cette source, mais la situation générale d’isolement ne change pas ; car le reste est encore là.

Donc finalement, en étant plus autonome sur un point, la personne dépendante a perdu une occasion de tisser du lien avec une aide qu’une personne pouvait lui apporter pour la soulager. La consolation attendue échoue.

Nous sommes au cœur de la parabole du bon Samaritain. Dans cette parabole, Jésus nous fait comprendre que pour accéder au salut, il faut se faire le prochain de l’autre, comme le Samaritain est devenu le prochain de l’homme à terre en l’aidant. Autrement dit, mettons-nous au service de celui qui a besoin de nous, il en va du bien de la personne aidée et de notre salut.

Du point de vue pratique, pour lutter contre l’isolement lié à la dépendance causée par l’âge, la ministre déléguée à l’autonomie compte sur des actions intergénérationnelles, notamment des plus jeunes (voir le site internet).

En langage chrétien, elle entend donc favoriser le salut des plus jeunes en proposant qu’ils deviennent les prochains des plus anciens en état de dépendance, en se mettant à leur service.

C’est beau. Mais un salut sans Jésus, est-ce possible ?

Père Sébastien Sorgues, vicaire 

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