Dimanche 15 janvier 2023 – 2ème dimanche du temps ordinaire (Année A)

De l’ordinaire à l’extraordinaire !

 Comme nous le rappelle la couleur liturgique verte, l’Église est entrée depuis mardi et jusqu’au mercredi des Cendres dans le Temps Ordinaire. Notre langue française offre de nombreux synonymes à l’adjectif ordinaire : quelconque, normal, banal, routinier, etc. Cela peut porter notre esprit à confusion car le Temps Ordinaire n’est pas un temps mineur, et n’a d’ordinaire que le nom. 

Le Temps Ordinaire est le temps liturgique qui nous donne de vivre sur 34 semaines (se succédant dans l’intervalle du cycle de Noël et du cycle de Pâques) tout le mystère du salut accompli par Jésus Christ. Il est le temps où nous sommes appelés à vivre chaque jour du mystère de l’Incarnation et du mystère de notre rédemption qui s’inscrivent tous deux dans l’ordinaire de notre histoire. Il est le temps de l’accueil du salut, le temps où le Saint Esprit nous apporte et intériorise en nous la vérité, la vie, la charité, et fait de nous des disciples en marchent sur des chemins nouveaux au milieu des tribulations et des consolations de notre histoire. La liturgie nous donne de goûter la mystérieuse et fidèle présence de Jésus vivant dans nos vie et dans son Église. Le Temps Ordinaire nous invite ainsi à affirmer de manière heureuse la fécondité de l’ordinaire et du quotidien chrétien. Il est ce temps où se déploie la vie afin que l’ordinaire devienne extraordinaire. 

Nous voudrions parfois faire de grandes oeuvres, des choses extraordinaires, être connu du plus grand monde, mais Jésus ne cesse de mettre en lumière l’importance et la réelle valeur des plus petites choses de la vie ordinaire vécues dans le dévouement et l’amour (1 Co 13,1-13). Ne sous-estimons pas ou ne cherchons pas à fuir la réalité de notre histoire, si simple soit-elle. Accueillons les plus petites choses comme si elles étaient grandes. Peu importe que ce que nous réalisons soit ou non valorisant aux yeux du monde, l’essentiel doit être que ce que nous vivons puisse nous construire, et puisse nous construire dans notre relation à notre prochain et à Dieu. Si c’est là que le Seigneur nous attend, cela signifie que c’est notre meilleur lieu de sanctification et nous n’avons rien de mieux à faire que d’y être en vérité. C’est à nous de vivre avec amour les choses simples et ordinaires de notre quotidien, dans l’économie surnaturelle de la grâce, pour les rendre extraordinaires. 

Oui « tout est grâce » comme le dit si bien la veille de sa mort le curé d’Ambricourt dans le Journal d’un curé de Campagne (G. Bernanos). Reconnaissons avec Marie, que oui, qu’on le veuille ou non, le Seigneur fait pour nous des merveilles (Lc 1,49). Mais avons-nous cette même liberté pour voir Dieu à l’oeuvre dans notre existence, pour nous réjouir de joies simples, pour nous émerveiller des plus petites choses de notre vie ? Vivons, unis à Jésus, dans l’émerveillement et dans l’action de grâce ! Alors et alors seulement notre vie ordinaire sera extraordinaire ! 

Père Guillaume Radenac, vicaire

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