Démocratie, rappel

Dimanche 30 octobre 2022 – 31ème semaine du Temps Ordinaire (année C)

 L’état actuel de notre monde mortel (dérèglement climatique et dégradations diverses, guerres féroces et graves tensions, élections et réélections sous influence, gouvernements instables ou au contraire indéboulonnables…), tout cela peut être pour nous l’occasion de réfléchir à nouveau, en gardant la tête froide, sur la démocratie, qui est, comme disait Churchill, « le pire des systèmes, à l’exclusion de tous les autres ». 

Lorsqu’il s’agit en effet de faire vivre ensemble des gens qui ne s’aiment pas, voire se détestent, la démocratie (majorité contre minorité) est un moindre mal, surtout par rapport à la dictature. À condition qu’elle soit tempérée par la séparation des pouvoirs, le respect des minorités (ce n’est pas parce qu’on a la majorité qu’on a le droit de faire n’importe quoi), et bien sûr le principe d’une alternance au pouvoir rendue possible grâce à la liberté d’expression et à la présence de contre-pouvoirs. 

Dans l’Église, on doit bien sûr éviter toute dictature, à tous les niveaux, et donc là aussi favoriser la liberté d’expression et les contre-pouvoirs. Mais il faut également y éviter la démocratie, car on ne peut faire dépendre la Vérité d’une majorité, fût-elle écrasante. 

Puisqu’il s’agit ici de faire vivre ensemble des gens qui s’aiment, c’est la recherche de l’unanimité qui doit s’exercer (pas une unanimité de façade, mais une vraie unanimité fondée sur le dialogue, l’écoute de chacun, et les compromis intelligents et responsables). 

L’unanimité dans l’Église, fruit de l’Esprit Saint, est le principe de la synodalité, le principe des conciles, du gouvernement d’un diocèse, de la vie d’une paroisse ou d’une communauté religieuse, et bien sûr du couple chrétien. 

Mais ce n’est possible qu’entre gens qui s’aiment. Dans l’Évangile, Jésus nous montre ce chemin exigeant de l’amour du prochain. La solennité de la Toussaint nous fait contempler la communion de celles et ceux qui ont suivi le Seigneur sur ce chemin. Cette grande fête fait briller sur nous l’espérance de participer un jour pleinement à cette communion, par-delà l’espace et le temps. 

Père Bertrand Bousquet, vicaire

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