Edito

« Dieu sera tout en tous » (1 Co 15, 28)

Dimanche 22 novembre 2020 – Christ, Roi de l’Univers  (année A)

Une chose est d’affirmer, comme nous le faisons, que tout ce qui est concret appartient à Dieu et donc que le Christ est, dès maintenant, le Roi de l’univers ; autre chose est d’en tirer la conclusion hâtive que l’Église, puisqu’elle est le Corps du Christ, doit se substituer dès maintenant à la société tout entière. Ce n’est qu’à la fin des temps que l’Église rassemblera toute l’humanité sauvée. Cette solennité du Christ, Roi de l’univers, couronnement et achèvement du Temps liturgique, est comme une anticipation de cette éternité bienheureuse. En attendant, l’Église est chargée d’annoncer ce Règne du Christ et d’en témoigner librement dès à présent, mais non pas de chercher à l’imposer. 

C’est pour ne pas avoir compris cela que pendant des siècles l’Église s’est construite sur le modèle bancal d’une Chrétienté sinon totalitaire du moins totalisante, excluant donc plus ou moins, et avec plus ou moins de violence, juifs et païens. 

De ce point de vue, le concile Vatican II a rétabli la vérité de l’Évangile en enseignant que nos frères juifs bénéficient toujours de la Première Alliance, et que les païens ne seront jugés par le Christ qu’au dernier Jour, et notamment sur la façon dont ils auront traité ses disciples. 

C’est aussi la raison pour laquelle les chrétiens, comme toutes les personnes de bonne volonté doivent le faire, ne contestent les autorités et les divers pouvoirs que lorsqu’ils tendent à devenir totalitaires. Y compris le pouvoir sournois et dangereux des réseaux sociaux et des officines complotistes favorables à l’éclosion virale des fausses nouvelles. 

Père Bertrand Bousquet, vicaire