Edito

Donner son jour au Seigneur

Dimanche 11 octobre 2020 – 28ème dimanche du temps ordinaire (année A)
Anniversaire de la dédicace de l’église Saint-Honoré d’Eylau (octobre 1974)

Vous aurez sans doute remarqué que, chaque dimanche, des saints – et pas des moindres – s’effacent pour céder leur fête au Seigneur. Tout récemment encore saint Vincent de Paul, saint François d’Assise et, aujourd’hui, Saint Jean XXIII. Car ils n’ont été que les vecteurs élus de la Grâce et de la Vérité divines. Or, le dimanche, ce qui prime, c’est la célébration du Mystère Pascal. 

Autant dire que, pour eux, s’effacer ainsi, c’est un honneur que le Ciel leur revaut au centuple. Il est bon toutefois, pour nous, de ne pas les oublier. La personnalité d’Angelo Roncalli, futur Jean XXIII, a été très populaire en France, où il a passé les années de l’après-guerre comme nonce apostolique représentant le Pape. Tâche délicate et difficile, il l’a assumée avec jovialité et endurance, en gagnant même la sympathie d’adversaires normalement irréductibles. 

Mais ce qui l’attendait, après un stage pastoral en tant que Patriarche de Venise, c’est le pontificat qui succéda à celui de Pie XII. Depuis quatre siècles, l’Eglise attendait un Concile qui accouchât des travaux, parfois séculaires, tout spécialement dans les domaines oecuménique, exégétique, liturgique et pastoral. De plus, Pie XII avait déjà dénoncé, dans notre modernité, la perte progressive du sens du péché. Une certaine apostasie de l’Europe s’annonçait ainsi dès les années 60. 

D’où la décision de Jean XXIII d’ouvrir le Concile de Vatican II, dans la continuation du premier interrompu, en 1870, par la guerre d’indépendance italienne. Deux guerres mondiales étaient passées par là, avec leur cortège désastreux de messianismes athées. De plus, à la veille de son ouverture, voici le danger imminent d’un troisième conflit. Et celui-là fatal, puisque nucléaire ! 

Tout à son oeuvre de médiation, Jean XXIII en est tombé malade et ne s’en est pas remis ; car il a offert ses souffrances et sa vie pour la paix et le bon déroulement d’un Concile qui s’avèrerait – signe des temps – riche en contrastes, mais aussi en fruits. Demandons-lui, pour les houles que nous vivons, son intercession amicale et paternelle.   

Père Ippolito Zandonella, vicaire