Edito

Dimanche 14 avril – Célébration des Rameaux et de la Passion (Année C)

Douloureuse Passion

La Passion de Jésus achève le Carême. Elle le finalise : sans elle, les efforts, les pénitences auxquelles nous avons été invités, n’ont que peu de sens. Peut-être avons-nous eu du mal à tenir nos engagements précisément parce que nous les avons considérés indépendamment de leur fin. Mais maintenant nous y sommes et nous pouvons chaque jour de cette semaine mettre nos pas dans les pas de Jésus.

Les évangiles sont ici beaucoup plus précis, quant aux lieux et aux temps. Il y a une géographie de la Passion, comme un déroulé temporel précis. Chaque auteur garde la maîtrise de son sujet, insistant ou passant dans l’ombre tel ou tel point. Mais leur intention est la même : nous faire communier aux derniers moments de Jésus, ou comme le disait St Paul dimanche dernier : communier aux souffrances de sa Passion… avec l’espoir de parvenir à la résurrection d’entre les morts (Ph 3,10-11).

On pourra s’arrêter à telle particularité de la Passion. St Luc que nous lisons cette année développe par exemple les échanges du dernier repas de Jésus. Ce n’est pas à l’avantage des disciples : Jésus vient d’annoncer que l’un d’eux va le trahir, et ils se disputent pour savoir qui est le plus grand, confondant le pouvoir tel que les hommes l’envisagent avec l’autorité de Jésus, qui est une autorité de service. Si Jésus avait pensé comme eux, avait pensé comme nous aussi, il n’y aurait pas eu la Passion, il n’y aurait pas eu non plus le Salut. Nous avons besoin d’une véritable conversion pour entrer dans l’intelligence de la Passion, d’avoir le coeur brisé devant ce qui arrive à Jésus, d’être bouleversé par la détermination qu’il affiche à l’affronter. De cette conversion peut naître un authentique témoignage. Sans elle, nous n’avons rien à dire ou rien à apporter au monde.

La crise que connaît l’Eglise nous y presse. Avec stupeur, nous nous reconnaissons plus du côté des bourreaux que de celui de l’innocent. Que la méditation de la Passion nous aide à prendre conscience de nos fautes, que « nous nous frappions la poitrine » (cf. Lc 23,27.48) et que l’Esprit de Jésus remis entre les mains du Père vienne faire germer et rendre ferme notre volonté de changer de vie.

Père Michel Gueguen, curé

PS : Monseigneur Thibault Verny, notre vicaire général, délégué par l’archevêque pour accueillir et écouter les victimes de toute forme d’abus dans l’Eglise, viendra à Saint-Honoré d’Eylau présenter son travail et les mesures qui sont prises à Paris, et répondre à nos questions. Ce sera mercredi 15 mai à 20h30.