Edito

Dimanche 22 décembre 2019 – Quatrième dimanche de l’Avent (A)

D’une Venue à l’Autre

Le cycle des fêtes au cours duquel l’Eglise célèbre le Mystère de l’Incarnation s’est mis en place progressivement. Aux débuts de l’évangélisation, la solennité de Pâques éclipsait toute autre forme de célébration, comme un lever de soleil efface le firmament nocturne. Rédemption radieuse de l’humanité, elle transfigurait, en particulier, tous nos Dimanches. Depuis, Noël est apparu, non seulement comme une nécessité de rendre grâce pour la manifestation du Verbe fait chair, mais surtout comme encouragement à hâter, si possible, le retour du Seigneur qui veut nous faire entrer dans la béatitude éternelle, pour laquelle nous avons été créés.

Bien que les Ecritures nous laissent prévoir un final agité, le chrétien est censé le désirer comme l’accomplissement d’une attente qui ne doit rien au hasard. Si, pour le monde, ce sera un coup de filet, les fidèles ne seront pas surpris, mais bien plutôt comblés après une longue patience.

Il y a plus de deux mille ans, dans la nuit de Bethléem, les anges chantaient: «Gloire à Dieu au plus haut des cieux et, sur la terre, paix aux hommes qui sont l’objet de sa complaisance». Si elle concerne «toute chair», une telle joie vise spécialement tous ceux qui, comme les bergers, auront cru à la bonne nouvelle.

A la fin des temps, la «Gloire» divine apparaîtra dans la personne du Ressuscité sur les nuées et les fidèles seront dans l’allégresse; car, s’il y aura jugement, sa miséricorde s’étendra à tous «les bénis» que son «Père» aura repérés au long des âges et qui, dans leur humilité, seront les premiers surpris. Autant, aujourd’hui, la crainte de Dieu est le commencement de la Sagesse, autant, ce jour-là, sa Venue provoquera l’exultation de ceux qui l’auront espérée.

Le meilleur moyen de nous y préparer consiste à renouer avec la bénédiction et la louange de l’Eglise. Elle éveille en nous la reconnaissance filiale pour les bienfaits de Dieu et nous initie à la jubilation éternelle, qui nous est promise et nous attend. Laissons-nous donner cet avant-goût, en aménageant joyeusement l’accueil, en nous et autour de nous, de Celui ‘qui s’est fait pauvre, pour nous enrichir de sa pauvreté’ ! Bonne préparation !

Père Ippolito Zandonella, vicaire