Edito

Dimanche 15 novembre – 33ème dimanche du temps ordinaire (Année A)
Journée Mondiale des Pauvres

« Entre dans la joie de ton maître ! »

Quel gâchis ! Quelle occasion manquée ! Quelle joie perdue ! Je ne parle pas des intérêts qu’auraient pu produire le talent enfoui dans la terre (26 kg d’argent, l’équivalent de vingt ans de travail d’un ouvrier de l’époque), je parle d’abord et surtout de ce troisième serviteur qui passe à côté de l’histoire. De sa propre histoire ! Comment un tel gâchis est-il possible ? La parabole nous montre le regard que ce serviteur porte sur son maître : il est dur, avare, mesquin. Il fait peur. Et voilà qu’il lui donne une somme énorme : quelle tuile ! Un vrai cadeau empoisonné ! Surtout, ne pas y toucher. Se couvrir juridiquement en cachant l’argent dans la terre et le rendre au plus vite : « Reprends-le, tu as ce qui t’appartient ! ». Et le maître traite ce serviteur comme il le demande : il lui enlève le talent et le met à l’extérieur, loin de lui, puisqu’il ne veut rien avoir en commun avec lui. 

Comme ce troisième serviteur, notre rapport à Dieu peut être très abîmé par l’image que nous avons de lui. Un Dieu dur, intraitable, qui exige de moi plus que je ne peux, est une menace qui plane au-dessus de ma tête. Je m’empresse alors de répondre à ses exigences pour qu’il n’ait rien à me reprocher, que je puisse enfin passer à autre chose et vivre vraiment. Quelle tristesse… quelle méprise ! 

Le Don de Dieu n’est pas un piège ni un cadeau empoisonné. Il est un germe de vie puissant, une capacité à aimer inouïe, réjouissante, féconde, dont nous ne mesurons pas la portée. Dieu veut nous faire goûter sa propre joie, la joie qu’il a à aimer, à donner la vie, à pardonner. Il nous donne son Esprit pour nous associer de près à son oeuvre de salut, car IL EST BON ! Ne cherchons pas ailleurs la joie de notre vie. Ne passons pas à côté de la Vie véritable.  

Père Augustin Bourgue, vicaire