Edito

Dimanche 20 décembre 2020 – 4ème dimanche de l’Avent (B)

Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ?

Jean-Baptiste est un personnage essentiel à l’Avent. Il prépare les chemins du Seigneur : il annonce sa venue toute proche et entraîne à sa suite sur un chemin de conversion, qui passe par la reconnaissance des péchés et une expression concrète d’un changement de vie. C’est ce que l’Eglise nous a proposé ces deux dernières semaines pour retrouver en nous le besoin du salut. 

La dernière parole que l’évangile a retenue de Jean est une question : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » Dernière parole en effet, il la prononce alors qu’il est en prison et que sa mort est prochaine. Il s’efface radicalement devant ce « plus fort » qui vient derrière lui, il nous invite aussi par cette question à préparer notre rencontre avec le Seigneur. 

Bien sûr, nous répondrons que Jésus est celui qui doit venir. Nous célèbrerons Noël et nous prendrons avec lui le chemin de son ministère, depuis son baptême par Jean jusqu’au terme que Jésus s’est fixé, la Croix et la résurrection. Celle-ci atteste le bien-fondé de notre réponse. 

Néanmoins il vaut la peine de laisser résonner en nous cette question. Sans doute parce que Jésus dépasse infiniment ce que nous pouvons comprendre de lui. Il sera toujours « celui qui à la fois se tient au milieu de nous et que pourtant nous ne connaissons pas », comme le rapportait l’évangile de dimanche dernier. Mais aussi parce que nous aurons toujours à poser cette question de manière existentielle, comme Jean, c’est-à-dire à mobiliser les conditions de notre existence dans cette question. 

Jean est proche de mourir quand il pose cette question, il a besoin de savoir si Jésus est la réponse à l’énigme fondamentale de son existence. Nous ne sommes peut-être pas proches de mourir, mais nous traversons une crise sanitaire, économique et sociale, une crise qui nous interroge sur ce qui est essentiel et ce qui est accessoire, sur le sens de nos vies. Jean nous invite à ne pas écarter cette question : es-tu celui qui doit venir ? Elle achève de creuser en nous une attente, en étant sensibles au monde, à sa détresse et à ses cris, elle nous apprend à laisser Jésus répondre à cette question. Alors nous approcherons de Noël de manière nouvelle, alors Noël nous surprendra, quelques soient les conditions dans lesquelles nous le célèbrerons. 

Que la Vierge qui prend le relais de Jean en ces derniers jours nous conduise par sa douce lumière. 

Père Michel Gueguen, curé