Edito

Dimanche 27 septembre 2020 – 26ème semaine du temps ordinaire (A)

La liturgie célèbre l’écologie

Il y a cinq ans, le pape François offrait à l’humanité la célèbre encyclique Laudato si. Il y a cinq ans j’entrais pour la première fois de ma vie dans une cathédrale en France. Je me suis dit que l’expérience en valait bien le retour. Ce fut à Notre-Dame de Paris. J’avais l’impression d’avoir le souffle bienheureux d’une forêt. A l’intérieur de ce bâtiment mystérieux contrastait curieusement la fraîcheur intérieure et la chaleur extérieure avec des touristes de l’été. Ce bonheur laissa en moi des traces d’éternité (comprise comme absence de durée) et je ne peux qu’aspirer de tous mes voeux à la totale restauration de notre cathédrale parce qu’il y a dans ce lieu d’une grande spiritualité, un engagement pour la Création. Le lien très fort que je voudrais souligner entre cette encyclique et cette cathédrale se retrouve dans les rosaces. Les rosaces célèbrent la Création. A les voir, c’est une fête de la lumière et de la couleur. C’est une célébration de l’union de la terre et du ciel, de l’homme et de Dieu. Toute l’intelligence qui se laisse contempler dans les rosaces témoigne d’une période où science et foi étaient en rapport d’harmonie, signifiant une culture qui honorait le Christ comme Roi de la Création et de l’Univers. Le soin à l’écologie pourrait peut-être nous faire revenir à cette période. 

Aujourd’hui, avec bonheur, nous constatons que le monde devient sensible à la Création. Le 3 septembre dernier, un groupe français d’une quinzaine de personnes (dont l’actrice Juliette Binoche, le chercheur Pablo Servigne, le directeur du collège des Bernardins, Laurent Landete) accompagnaient Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des Evêques de France pour un rendez-vous avec le Pape, afin de débattre de l’écologie. C’est à mon sens un superbe témoignage pour le bien de la Création que croyants et non-croyants s’engagent pour une même cause, main dans la main. Cependant, nous avons à reprendre conscience aussi que la Création se célèbre d’abord dans nos liturgies et que le soin de la Création tire sa force de la beauté de la liturgie. Cette beauté, c’est que, tous ensemble, nous refassions communauté dans nos belles églises. 

Père Francis Agbokou