Les Journées Mondiales des Pauvres

Dimanche 14 novembre 2021 – 33ème dimanche du temps ordinaire  (année B)

Depuis 5 ans maintenant, le pape François propose au monde entier de consacrer une journée pour les pauvres, il se trouve que c’est ce dimanche 14 novembre. On est toujours un peu réticent avec ce genre de journée, car cela résonne dans notre tête comme un énième appel aux dons pour les bonnes oeuvres…Un peu comme si la fonction du pauvre dans la société se résumait à recevoir ce que les « riches » voudraient bien lui donner pour qu’il puisse subvenir à ses besoins. C’est d’ailleurs comme cela que certains dictionnaires définissent « les pauvres ». 

Heureusement, l’Evangile que nous avons entendu la semaine dernière est là pour bousculer un peu les choses. Souvenons-nous de cette pauvre veuve qui prend sur son indigence pour donner au trésor du Temple qui est pourtant déjà bien fourni. Cette pauvresse ne répond donc plus à la définition : elle n’est pas là pour recevoir ce qu’on veut bien lui donner, mais c’est elle qui est devenue une généreuse donatrice au regard de ce qu’elle possède ! Rien ne va plus. En plus, si tous les pauvres font comme cette veuve, on pourrait se demander à quoi cela sert de leur donner quelque chose s’ils donnent ce qu’on leur donne ? La définition est doublement mise à bas. 

Cette impasse montre bien que le lien qu’on établit entre les mots « pauvres » et « dons » ne doit pas être direct. Il y a un intermédiaire entre les deux et cet intermédiaire est la personne humaine. En effet, « Le pauvre » n’est qu’un substantif pour parler de la personne qui est pauvre. En d’autres termes, nous arrivons à l’évidence que l’humain prime sur le contenu du compte en banque de celui qui le possède. Vous pourriez me dire qu’il n’y avait pas lieu d’écrire tout cela pour arriver à un résultat pareil. Non, mais cela permet de dire que la journée mondiale des pauvres n’est pas là pour considérer de manière particulière la classe des gens sans-le-sou, mais elle est là pour rappeler que tous, quel que soit l’état du compte en banque, ont droit à la même dignité. Ce qui, au regard de l’histoire, n’aura jamais été vraiment le cas. 

Il s’agit donc de mettre en avant un groupe de gens en particulier afin de mettre en valeur une propriété humaine qui nous concerne tous, celle de la dignité. On rejoint là le mystère de l’Eglise qui n’est pas tant de mettre en lumière « les sauvés » mais plutôt de dire que tous ont accès au salut.  

Père Sébastien Sorgues, vicaire

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