Dimanche 21 novembre 2021 – Solennité du Christ, roi de l’Univers (B)

« Ma royauté n’est pas de ce monde »
(Jn 18,36)

Le Christ n’est pas roi à la manière des grands de ce monde usant de la violence pour maintenir leur autorité, et étalant leurs richesses pour faire valoir leur prestige. Non, Jésus est ce roi « doux et humble de coeur » (Mt 11,29) dont la majesté se dévoile sur la croix. La royauté de notre Seigneur est de fait une chose bien distincte de la prépotence. C’est une réalité fondamentale de l’existence où le dernier mot est à la charité. 

Jésus nous montre en effet que le sens de sa royauté est de se faire serviteur. Il a confirmé qu’il était maître et Seigneur (Jn 13,13), et qu’il était roi (Jn 18,37), mais il a exercé sa fonction de maître en s’abaissant, en lavant les pieds de ses disciples (Jn 13,4), et il a régné en donnant sa vie sur la croix. Saint Jean nous fait percevoir dans son évangile l’aspect déstabilisant et paradoxal de cette royauté en présentant les événements de la Passion comme un cérémonial inédit d’intronisation. Jésus est couronné d’épines et revêtu d’un manteau pourpre (Jn 19,2-5). Sur la Croix il y a un écriteau indiquant : « Jésus le Nazaréen, roi des juifs » (Jn 19,19). Ce que l’apparence niait est alors confirmé par le mystère de Dieu, puisque Jésus règne sur la croix et nous juge dans son amour. S’il n’est pas du monde, le royaume de Jésus se trouve toutefois au coeur de ce monde. Il est en effet le royaume de l’intériorité où demeurent non pas des sujets, des gardes, ou une cour, mais des fils qui appartiennent à la Vérité. Le règne du Christ en chacun de nous est de faire qu’il soit réellement le roi dans notre vie car l’on ne peut pas donner ce que l’on n’a pas. Donner, c’est donner ce qui déborde en nous, c’est donner en parole et en acte l’amour que nous recevons gratuitement de Dieu. Le règne qu’instaure Jésus est alors un règne de justice où nous recevons de la sollicitude, mais où nous devons également être débordants de justice, de bonté et de charité. La proximité et la tendresse doivent ainsi être notre règle de vie, et c’est sur cela que nous serons jugés à la fin des temps (Mt 25,31-46). 

Puissions-nous, à l’invitation de la préface eucharistique de ce jour, participer, ici et maintenant, par toute notre personne, à la venue de ce « règne de vie et de vérité, règne de grâce et de sainteté, règne de justice, d’amour et de paix ». 

Père Guillaume Radenac, vicaire

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