Edito

Dimanche 13 janvier 2019 – Baptême du Seigneur (Année C)
Prière pour les vocations sacerdotales (4)

Ma vocation

Ma vocation a reposé sur trois piliers qui ont progressivement convergé pour n’en faire plus qu’un : le sacerdoce, le service des pauvres et la philosophie.

Je ne sais plus quand m’est venue l’idée d’être prêtre. Très tôt en tous cas. Mes parents se souvenaient qu’à l’âge de huit ans je disais déjà vouloir être prêtre. Je suppose que les premières causes sont à trouver chez les prêtres exemplaires que je côtoyais dans l’enseignement catholique et chez les curés de mon village de vacances que les parents invitaient souvent à dîner. L’idée ne m’a jamais vraiment quitté, et je n’ai jamais sérieusement songé à faire autre chose. J’étais en particulier (et je suis toujours) fasciné par la puissance des sacrements : par les sacrements, le prêtre est quelqu’un qui a toujours quelque chose de signifiant à faire. Dans la situation la plus désespérée, célébrer la messe ou donner le pardon demeurent des actes absolus. J’aime beaucoup confesser.

L’idée de servir les pauvres m’est également venue très tôt. A beaucoup compté le film Monsieur Vincent, dont je découvrirai plus tard qu’il n’a qu’un lointain rapport avec la vérité historique mais qui restitue efficacement l’esprit vincentien. La scène où Vincent descend ramer avec les galériens m’a beaucoup fait pleurer. Très tôt, j’ai fait mienne sa fameuse déclaration : « les pauvres sont nos seigneurs et maîtres ». J’ai commencé à servir les pauvres avec la conférence saint Vincent de Paul du collège saint Jean de Passy, en l’occurrence les personnes âgées du quartier, que j’accompagnais aussi en pèlerinage à Lourdes. Mais dans mes balades d’adolescent, je rencontrais la réalité de la prostitution avenue Foch et Je me suis promis d’être un jour à leur service. Le devenir enfin en arrivant à Saint Honoré a été une grande joie.

À douze ans, j’ai traversé une crise existentielle qui m’a amené à beaucoup réfléchir et à noircir les pages d’un cahier. Ma mère, ancienne professeur de philosophie, m’a déclaré que ce que je faisais était de la philosophie. Depuis ce temps-là, je suis philosophe. Je suis convaincu que seule la vérité peut rendre heureux.

Le Christ est la synthèse de ces trois dimensions de ma vocation. C’est lui qui est servi par le prêtre, rencontré dans la personne du pauvre et cherché dans la vérité. C’est pourquoi aujourd’hui, à la fois sur la paroisse et aux Bernardins, ces trois dimensions demeurent entrecroisées.

Père Matthieu Villemot, vicaire