Dimanche 13 novembre 2022 – 33ème dimanche du Temps Ordinaire (Année C)

« Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses »
(Lc 10,41-42)

 Nous vivons dans une société, surtout à Paris, où chaque moment semble devoir être rempli du meilleur comme du pire. Cependant, « vivre, ce n’est pas seulement respirer, bouger, se lever, travailler et aller chercher de l’argent à la banque ! A la fin de votre vie, vous croyez que vous vous souviendrez de tout ça ? » (F. Garagnon – Jade et les sacrés mystères de la vie). L’agitation est un tourbillon qui évite de se regarder en face, et qui n’apporte aucun soin à notre personne, à notre âme. L’agitation devient un tranquillisant, une forme d’échappatoire qui permet de ne pas entrer en nous-mêmes, et de ne pas être confrontés à notre vide intérieur, une forme d’existence sans consistance. Combien Pascal a raison d’écrire dans ses Pensées : « Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne pas savoir de ne pas savoir demeurer en repos dans une chambre ». Osons alors nous arrêter et nous poser la question. Qu’est-ce que je fais de mon baptême, des valeurs reçues ? Quelles sont celles, aujourd’hui, qui me font vivre ? Où en suis-je dans ma vie ? 

Au beau milieu de toutes leurs activités, Jésus appelle ses disciples à aller à l’écart, dans un lieu désert (Mc 6,31). Au désert, lieu de ressourcement, de retour vers l’essentiel, il n’y a ni travail, ni activité futile, ni fausse apparence, etc. Nous sommes nus, dépouillés de tout pour se voir tel que nous sommes, et pour être avec Dieu. N’ayons pas peur de faire une pause, de fermer les yeux chez soi ou dans une église aux pieds d’une statue ou devant le Saint Sacrement. Osons faire l’expérience du désert, du silence (à l’extérieur et au-dedans de nous-mêmes) qui va tellement à l’encontre des lois naturelles du monde. Tout cela est bien la condition nécessaire si nous voulons être capables de percevoir la présence de Dieu. Oui, le silence est déstabilisant et difficile, mais il nous rend capable de nous laisser conduire par Dieu. Donnons alors du temps à Dieu et à la prière. Il nous faut en effet beaucoup de temps pour que notre coeur qui est bien souvent dur, s’adoucisse au contact de l’amour divin. Mais qu’est-ce que je fais pour revenir à Dieu dans la journée et pour lui laisser une place plus grande dans ma vie ? Qu’est-ce qui m’empêche de me donner aujourd’hui entièrement à Dieu ? 

Pour retrouver Dieu, il nous revient d’aller dans les profondeurs les plus intimes, les plus silencieuses de nous-mêmes. C’est dans le silence, dans le secret de notre coeur, et non dans la superficialité ou le bruit que Dieu entre dans les profondeurs les plus intimes de notre personne pour y déverser toutes ses grâces dont nous avons tant besoin. Osons alors faire aujourd’hui cette rencontre avec Dieu.  

Père Guillaume Radenac, vicaire

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