Edito

Dimanche 4 octobre – 27ème dimanche du temps ordinaire (Année A)

Mystère du mal et fraternité

contre toute évidence, et sans doute parce que ça les dérange, beaucoup de gens nient l’existence du mal, surtout en eux-mêmes ; tout au plus reconnaissent-ils qu’il leur arrive parfois de commettre quelque erreur de parcours, dont au fond ils ne sont pas responsables. 

Et pourtant le mal existe ! Mais qu’est-ce donc que le mal ? 

Le mal, ce n’est pas quelque chose qui existe en soi, ce n’est pas quelque chose qui aurait une réalité, une substance propre. Le mal, c’est quelque chose qui existe par rapport à la seule réalité véritable, c’est-à-dire par rapport à l’oeuvre de Dieu. Le mal, c’est toujours la mise à mal d’un bien. C’est un peu comme un trou, comme une déchirure : un trou, ça n’existe pas en soi, ça n’existe que en fonction de ce qui est abîmé. 

Ce monde est malade, l’actuelle pandémie en est un signe, parmi bien d’autres. Ce monde est malade, comme gangrené d’un mal mystérieux. 

L’humanité tout entière est malade, malade de convoitise, malade de folie meurtrière et autodestructrice, malade d’un mal mystérieux et mortel, qui met durement à mal l’oeuvre bonne de Dieu, oeuvre de vie. 

Devant ce mystère, nous sommes tentés de voir la vie chrétienne comme une simple « mise à bien » du mal, un ravalement de façade, un essai pour rendre supportable et présentable la condition humaine. 

Le Christ, lui, nous propose tout autre chose : une véritable guérison. Mais pour cela il faut connaître le mal, le mesurer, s’y confronter lucidement, et lui opposer le remède de l’Évangile. 

C’est ainsi que face à la maladie de l’égoïsme universel, l’Église, sans se lasser, propose le souverain remède de la fraternité. 

Père Bertrand Bousquet, vicaire