Edito

Ne craignons pas notre pauvreté !

Dimanche 17 juin 2018 – 11ème Dimanche du temps ordinaire (B)

Ce dimanche, Jésus compare le règne de Dieu à une graine de moutarde, qui est la plus petite des graines mais devient un grand arbre. Cette parabole a des sens multiples. Mais il est possible d’en exhiber celui-ci : nous n’avons pas à craindre la pauvreté de ce que nous apportons au Christ et à l’Église. Nous n’avons pas à nous désoler du peu dont nous sommes capables pour l’évangile. Jésus accueille cette pauvreté et l’habite par sa puissance pour la démultiplier. C’est un schéma qui revient souvent dans l’évangile. Lors de la multiplication des pains, Jésus demande à ses disciples de nourrir eux-mêmes la foule. Ils répondent qu’ils n’ont que cinq pains. Mais de ces cinq pains, Jésus tire de quoi nourrir des milliers de personnes. Jésus ne nous demande pas l’impossible, il ne nous demande pas, contrairement au monde, de nous autodétruire dans une course folle à la performance pour être toujours au top. Il nous demande de lui apporter ce que nous sommes, dans sa pauvreté, dans son humilité. Et c’est sa puissance qui se charge de faire porter du fruit à tout cela. Le sommet de cette logique se trouve dans l’incarnation elle-même. Pour nous donner part à sa Gloire, pour nous unir à sa divinité, Dieu ne s’est pas fait surhomme éternellement efficace. Il s’est fait homme, spécialement dans la pauvreté de l’homme. Il a d’abord été embryon inattendu, enfant pourchassé qui a dû migrer dans une terre étrangère, à la religion ennemie. Puis suprêmement, il est mort de la mort de la croix, atteignant là le fond de la pauvreté. Et c’est dans cet abîme que s’est déployée la victoire de la résurrection. Ainsi, aucun d’entre nous ne peut penser qu’il n’a rien à apporter à l’Église. Personne ne peut dire qu’il est trop faible, trop incompétent, que sais-je, pour participer à l’oeuvre commune. Chacun peut apporter sa modeste participation et oser croire que la force du Christ fera le reste. Nous l’avons vécu avec « Hiver solidaire ». À l’échelle individuelle, l’effort demandé est modeste. Mais le résultat à l’échelle de la paroisse, est extraordinaire. Osons nous réconcilier avec notre pauvreté et l’apporter au Christ.

Père Matthieu Villemot, vicaire