Edito

Dimanche 25 octobre 2020 – 30ème dimanche du temps ordinaire (Année A)

Par amour

Il est courant au Brésil, au mois d’octobre, de faire des missions le week-end et de visiter les familles. 

En 2008, j’ai rencontré Mme Francisca, une femme de 58 ans, paralysée, très pauvre qui vivait avec son fils de 29 ans, souffrant de troubles mentaux. Sa maison n’avait pas de toilettes, était recouverte de paille et les murs étaient en carton. Avant même d’entrer dans la maison, j’ai ressenti une très forte odeur de pourriture. Après que Mme Francisca se soit confessée et ait reçu la communion, curieux de savoir ce qui causait cette mauvaise odeur, je suis entré dans la deuxième pièce de la maison où j’ai vu une casserole sur un four en argile cuire quelque chose. J’ai demandé à Mme Francisca ce qu’elle cuisinait et elle m’a dit que c’était du cuir de poulet que son fils avait ramassé à la poubelle. C’était tout ce qu’ils avaient à manger ce jour-là. J’ai immédiatement appelé les autres personnes qui m’accompagnaient et nous sommes allés acheter de la nourriture pour cette famille. Depuis ce jour jusqu’au moment où Mme Francisca a pris sa retraite, chaque mois, une famille de la paroisse a acheté la nourriture pour elle, tandis que d’autres familles ont construit sa maison. Parfois, même aujourd’hui, je ferme les yeux et je me souviens de Mme Francisca, décédée en 2015, et je ressens cette odeur insupportable qui s’était répandue dans sa misérable maison. 

Lorsque nous avons de la compassion pour les gens, les aidant dans leurs besoins, réconfortant les affligés et encourageant les découragés, alors nous disons par nos actions, sans avoir besoin de mots, que nous aimons Dieu. Car « si quelqu’un dit : « j’aime Dieu » et hait son frère, c’est un menteur. Car celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, ne peut pas aimer Dieu, qu’il ne voit pas. Et de lui nous avons ce commandement : celui qui aime Dieu, qu’il aime aussi son frère. » (1 Jean 4,20-21). 

Père Carlos Alberto Seixas de Aquino