Edito

Dimanche 11 avril 2021 – 2ème dimanche de Pâques (Année B)
Dimanche de la divine Miséricorde

Pardon

e 25 mars dernier, les évêques de France ont adressé une lettre aux catholiques sur la lutte contre la pédophilie. Le choix de la date tient au calendrier des évêques : fin mars a lieu l’assemblée ordinaire de printemps. Mais cette date n’a peut-être pas été choisie au hasard : je ne pense pas tant à la fête de l’Annonciation qu’à la semaine sainte qui était alors toute proche. La semaine sainte nous a remis en face de la Passion du Christ, elle nous a invités à nous reconnaître pécheurs, c’est-à-dire non seulement à nommer concrètement notre péché mais à reconnaître ainsi notre responsabilité dans la Passion, soulignant que la Passion n’est pas seulement un événement du passé, mais qu’elle est actuelle. Et il ne saurait y avoir d’accueil réel de la Résurrection et de célébration de celle-ci, sans une reconnaissance en vérité et une décision ferme, avec la grâce de Dieu, de ne pas recommencer à pécher. 

Dans cette lettre, les agressions contre les enfants ou les personnes fragiles ou dépendantes sont clairement qualifiées de crimes, plus précisément « d’actes contraires au commandement ‘tu ne tueras pas’ car ce sont des atteintes à la vie dont l’impact ne disparaît pas et qui peuvent aboutir à sa destruction ». S’ils ne sont pas les auteurs de ces crimes, les évêques reconnaissent qu’ils n’ont pas toujours été assez attentifs, eux ou leurs prédécesseurs, au sort des enfants agressés. Ils demandent humblement pardon. 

Cette lettre nous est adressée. Vous pouvez la trouver sur internet, sur le site de la paroisse à la rubrique « Abus sexuels : comme l’Eglise fait face » (rubrique Evénements), elle est à votre disposition sur les présentoirs. Elle atteste du travail entrepris depuis l’an 2000 et elle marque une étape supplémentaire dans la lutte contre les abus par les décisions qui ont été prises et que la presse a largement relevées, principalement : l’accueil, l’accompagnement et l’indemnisation éventuelle de personnes victimes ; le choix du 3ème vendredi de Carême pour faire mémoire de ces faits et prier pour les personnes victimes ; la mise en place d’un tribunal pénal ecclésiastique au niveau national. 

En amont, il y a bien sûr le discernement et la formation des candidats au sacerdoce ou à la vie religieuse, ou encore la lutte contre la cause principale de ces abus, que le Pape François a désignée, le cléricalisme. Je rappelle d’ailleurs qu’un groupe à St Honoré travaille cette question et qu’il est toujours possible d’y participer. 

Je vous invite à lire cette lettre. Les évêques nous rappellent la responsabilité que nous avons tous à faire de l’Eglise « une maison sûre ». Leur examen de conscience et leurs décisions nous obligent. A mon niveau, que puis-je, que dois-je faire pour être attentif aux plus petits, à ceux qui ont connu un traumatisme, pour éviter les abus, ceux que mes frères ou moi pourrions commettre ?  

Père Michel Gueguen, curé