Edito

« Pondus meum, amor meus ! »

Dimanche 4 novembre 2018 – 31ème Dimanche du temps ordinaire (B)

Dans la plaine du Forez, la neige est tombée quelques jours avant la Toussaint. Les flocons volaient dans le vent. Mais le soir, sous le poids de la neige, des branches s’étaient brisées, des arbres étaient tombés. Merveilleuse neige, si légère et si lourde !

Mystère de l’amour de Dieu répandu en nos coeurs ! Il entre dans notre vie comme le souffle léger de la brise dans la grotte de l’Horeb. Et Elie se prosterne, reconnaissant le Dieu vivant.

Nouveauté de la vie chrétienne ! J’ai une intériorité et elle peut être habitée par l’Amour de Dieu. Cela a été, il y a bien longtemps, à Rome, Lutèce et Hippone, une découverte stupéfiante pour les habitants de l’Empire : le souffle léger de l’amour de Dieu crée un entrain puissant dans nos parcours personnels. L’homme, si pesant, si lourd, se découvre en Dieu, habité par une autre pesanteur, la pesanteur de l’amour. Au lendemain de sa découverte de Dieu, Saint Augustin s’écrit avec reconnaissance : « mon poids, c’est mon amour ! » Léger, l’amour de Dieu ne peut être enfermé dans nos formules et nos expériences ; puissant, il est capable de briser le roc et de mettre à nu nos ambiguïtés.

L’amour est un don, il est aussi un commandement car il ouvre mon avenir, il me montre ces possibilités toujours nouvelles de mieux aimer, d’aimer avec plus de justesse, de compréhension et de patience. Pour aimer Dieu et mon prochain, le Christ me tire, il m’entraîne de l’intérieur, il m’élève, me faisant découvrir dans la paix, un nouvel engagement, un nouveau dépouillement. C’est dans la paix, dans une inquiétude confiante que les saints ont travaillé cette contradiction qui nous habite, entre nos actes et notre foi généreuse. Ils ont su se livrer à l’amour, car Dieu était là, tout proche. Nous aussi, nous grandissons dans l’amour car le royaume de Dieu est tout proche !

Père François-Xavier Desgrange, vicaire