Edito

Dimanche 10 novembre 2019 – 32ème dimanche du temps ordinaire (C)

Prier les uns pour les autres

Le 11 mai dernier, l’archevêque a proposé une prière d’intercession, de délivrance et de guérison à St-Sulpice. Une foule considérable s’y est pressée, très diverse. La qualité du recueillement, l’unité des cœurs, la paix presque sensible ont attesté du bien-fondé de cette proposition. L’archevêque souhaite que ces prières se développent en paroisse. De nombreux prêtres se sont rendus à St Sulpice pour l’assister. Mais, en réalité, ce n’est pas simplement une affaire d’évêque et de prêtres, cela concerne l’ensemble des fidèles, des baptisés, le peuple chrétien tout entier sur lequel l’Esprit Saint a été répandu et dans lequel il agit. Chacun, selon sa mission propre et son charisme personnel, est encouragé à exercer sa mission d’intercession. La prière des frères est la prière la plus simple à mettre en place. De quoi s’agit-il ?

D’abord, la prière des frères est un peu comme la prose de M. Jourdain. Nous la pratiquons déjà, que nous le sachions ou non : une prière nous est confiée, personnellement ou en groupe ; par exemple, je sollicite souvent les groupes de prière des mères, en particulier quand cela touche un papa, une maman ou a fortiori un enfant. Chaque mois, nous rassemblons aussi quelques intentions que nous adressons aux paroissiens qui ont bien voulu assurer ce service, une sorte de monastère invisible, qui permet entre autres à ceux d’entre nous que l’âge ou la santé handicapent, de comprendre que leur prière continue d’être essentielle pour la communauté. Et bien sûr, à chaque messe, nous portons les intentions de chacun.

Mais dans un sens plus précis, la prière des frères désigne cette prière que nous sollicitons de deux d’entre nous. Tous les trois, celui qui demande et les deux qui intercèdent pour lui, se tiennent debout devant le Seigneur. La demande peut être confiée, sobrement, ou gardée dans le cœur. Les personnes sollicitées pour prier avec nous et pour nous prennent alors le relais de cette prière, tout aussi sobrement, mais dans la foi que « quand deux ou trois unissent leurs voix pour demander quoique ce soit, cela est accordé par le Père des cieux » (Mt 18,19). Le Seigneur nous a encouragé à demander : « demandez et vous recevrez, cherchez et vous trouverez, frappez et l’on vous ouvrira » (Mt 7,7). Mais le temps peut durer qui éprouve notre résistance, notre confiance, notre espérance. La prière des frères est un moyen de soutenir cette prière, de progresser dans la foi, de prendre conscience de la présence du Seigneur à nos côtés quand nous nous réunissons à plusieurs pour prier.

Des formations à cette prière sont proposées par le diocèse. Nous sommes plus d’une douzaine de la paroisse à y participer. Reste à mettre en place cette prière dans la paroisse. Des moments privilégiés existent déjà : les temps d’adoration du mercredi soir ou du dimanche après-midi. Mais cela peut se faire à la fin d’une messe. Dans ce mois de novembre, nous allons mettre en place cette prière des frères aux moments que je viens d’indiquer. N’hésitez pas à solliciter les « binômes » qui seront constitués.

Père Michel Gueguen, curé