Dimanche 9 janvier 2022 – Baptême du Seigneur (Année C)

Qui oserait baptiser le Christ ?


Pour chaque famille catholique, penser au baptême d’un enfant après sa naissance est légitime. Au-delà de nous purifier d’un péché que l’enfant n’aurait pas commis, l’importance du baptême c’est d’abord de nous identifier au Christ. Lui qui, n’ayant pas de péché, a reçu le baptême des mains de Jean-Baptiste. « Jean voulut s’y opposer : « C’est moi, disait-il, qui ai besoin d’être baptisé par toi (…) Mais Jésus lui répliqua : Laisse faire maintenant : c’est ainsi qu’il nous convient d’accomplir toute justice. » (Mt 3, 14). Comme Jean qui ne voulait pas baptiser le Christ, c’est ainsi que tout tremblant, mais avec joie, qu’un diacre ou un prêtre donne le baptême surtout aux petits enfants, qui comme le Christ, n’ont rien à se reprocher. L’enfant comme le Christ est entré dans ce monde et aura une réciprocité avec le monde. 

Le baptême du Christ s’inscrit dans sa singulière incarnation parce que les deux (incarnation et baptême) lui permettent de mieux entrer en contact avec le monde pour opérer cette justice dont il parlait à Jean-Baptiste. C’est aussi ce baptême qui nous permet de mieux comprendre cette affirmation de saint Paul : « Celui qui n’avait pas connu de péché, Dieu l’a pour nous, identifié au péché, afin que, par lui, nous devenions justice de Dieu » (2 Co 5, 21). Dieu n’identifie pas son Fils au péché, comme à quelqu’un au moins à qui il peut enfin s’en prendre. Ce n’est pas une vengeance de Dieu. Mais il identifie le monde de péché à son Fils, parce que c’est avec ce monde que le Fils est entré en contact. C’est parce que le Fils est sans péché qu’il est lié au monde au point de pouvoir lui être identifié et jusqu’à porter sa faute. 

Osons voir en chaque petit enfant présenté au baptême, le Christ qui reçoit le baptême et en chaque adulte qui le demande après avoir fait son chemin de conversion ; car le baptême que le Christ inaugure, vient après la conversion et la consolide. 

Père Francis Agbokou 

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