Dimanche 17 avril 2022 – Dimanche de Pâques (Année C)

Réjouissons-nous, Il est ressuscité !

Cela fait 40 jours que nous attendons, sans compter les dimanches, et nous pouvons enfin proclamer : Il est ressuscité et vraiment ressuscité. Alors réjouissons-nous !
Mais chez beaucoup d’entre-nous – et j’avoue en faire partie–, il y a toujours un petit goût d’amertume dans cette fête de Pâques. Certes, nous fêtons la résurrection du Christ et l’ouverture de l’ère de la grâce, mais nous fêtons aussi la fin du Carême.

Et c’est là que le bât blesse. Chaque année, c’est la même chose, cette fâcheuse impression d’avoir un peu raté son carême : le jeûne entaché par des petites crises de gourmandises, la prière vaincue par le sommeil et l’aumône par une avarice qui ne dit pas son nom. Bref, dans la mesure où la pénitence n’était pas forcément à la mesure de ce que nous espérions le mercredi des cendres, alors, on se sent un peu coupable de faire bombance le jour de Pâques.

Il est grand temps de faire mémoire : n’avions-nous pas été un peu présomptueux quand nous avions établi notre programme de Carême ? N’avions-nous pas surestimé nos forces et notre endurance ? Notre programme était-il à notre mesure ?

Nous sommes nombreux à tomber dans le panneau, et pourtant, c’est un des points de départ des volumineux Dialogues de Sainte Catherine de Sienne : pour connaître Dieu, il faut commencer par se connaître soi-même. Appliqué aux réjouissances pascales, cela veut dire que l’on goûte d’autant mieux Pâques qu’on a fait une pénitence adaptée à ce que l’on est : ni trop, ni trop peu.

Et c’est là que la fréquente confession joue son rôle : face au Christ, nous pouvons avoir une juste idée de nos forces et de nos faiblesses, c’est-à-dire une idée plus juste de ce que l’on est, et cela de manière objective.

Pour cette année, c’est trop tard et malheureusement, les petits regrets sont là. Mais Dieu est bon, il nous fait confiance pour faire mieux l’année prochaine. Nous avons donc un an pour apprendre à mieux nous connaître nous-mêmes et faire des progrès. Cependant, chaque chose en son temps : aujourd’hui, réjouissons-nous, Il est ressuscité !

Père Sébastien Sorgues, vicaire

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