Edito

Dimanche 18 octobre 2020 – 29ème dimanche du temps ordinaire (A)
Journée Mondiale Missionnaire

« Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu »

 Cette parole du Christ bien connue des chrétiens, et qui est passée dans la sagesse populaire, n’est pas sans rappeler la délicate question de la relation entre l’Église et l’État. L’Église peut-elle légitimement se mêler de politique ? L’interprétation que nous entendons souvent est que les chrétiens n’ont pas leur place dans les affaires publiques, et que l’Église devrait au contraire s’occuper du seul culte. Dire qu’elle doit rester en retrait de l’actualité et demeurer en silence face aux questions sociétales revient en réalité à enlever à Dieu ce qui est à Dieu. L’Église « experte en humanité » (Paul VI) ne peut pas en effet se désintéresser des questions sociétales. Les encycliques Laudato Si et Fratelli Tutti du pape François en sont des preuves récentes et éclatantes. L’histoire humaine, depuis la Résurrection de Jésus-Christ, a comme sens de préparer dès aujourd’hui dans l’humanité le Royaume de Dieu qui n’est pas de ce monde. Nous voyons par là qu’il existe une véritable présence du spirituel dans le temporel. Que peut donc apporter aujourd’hui un chrétien aux affaires politiques et publiques ? 

Prendre part aux affaires publiques est une exigence de la foi car le service du prochain est une manière éminente de pratiquer la charité. Dans la société actuelle, les « lieux » où se joue le devenir des hommes se multiplient : on peut agir au niveau d’une association, d’une entreprise, d’un quartier, d’une commune, d’une région, d’un parti politique, etc. Tout chrétien est ainsi appelé à promouvoir par tout son être les valeurs de l’évangile dans toutes les dimensions de la vie publique. Il contribue ainsi à respecter la dignité de l’être humain et à construire le bien commun. L’engagement du chrétien est une aide précieuse afin d’aider les hommes, à travers le service de la société, à être conduits à Dieu. Le Concile Vatican II le dit de façon très explicite en Gaudium et Spes (75,5) : « Tous les chrétiens doivent prendre conscience du rôle particulier et propre qui leur échoit dans la communauté politique : ils sont tenus à donner l’exemple en développant en eux le sens des responsabilités et du dévouement au bien commun ». Nous voyons par là que la grande image biblique de l’action surnaturelle de l’Église dans le temporel est celle du levain dans la pâte (Mt 13,33) : le ferment du christianisme s’introduit dans les structures publiques ; non pour détruire ou bousculer, mais pour épurer le monde de l’intérieur, pour en être le sel et la lumière (Mt 5,13-16). 

Père Guillaume Radenac, vicaire