Edito

Dimanche 7 juin 2020 – dimanche de la Sainte Trinité (A)

Sainte Trinité

Notre époque vante l’autonomie, le fait de prendre ses décisions tout seul sans se laisser influencer par personne. L’homme est alors posé comme un atome qui n’a avec les autres que des relations contractuelles. Toute interdépendance entre les hommes est niée. C’est là une mutilation. La pandémie nous a tragiquement rappelés que nous sommes interdépendants que nous le voulions ou non : si je ne respecte pas les gestes barrières, je répands le virus. L’écologie le prouve aussi : nous sauverons la planète si chacun là où il est trie, économise l’eau, etc. Nos actes doivent donc être réglés selon leur impact sur les autres. Nous sommes une seule humanité où chacun est en lien avec tous. 

La fête de la Trinité nous dit qu’en cela nous sommes à l’image de Dieu. Dieu lui-même n’est pas autonome en ce sens-là, il est déjà en lui-même communion de trois personnes parfaitement interdépendantes. Nulle d’entre elles ne peut agir sans impliquer ipso facto les deux autres. Cette interdépendance n’est pas une aliénation ni une atteinte à la souveraine liberté divine parce que les trois personnes s’aiment. Elles se réjouissent d’agir de concert, d’être liées les unes aux autres. 

C’est là la leçon que nous devons en tirer : nous ne sommes pas autonomes, nous sommes interdépendants. Ce peut être une liberté et même une joie si nous le vivons dans l’amour les uns pour les autres. Si nous ne nous regardons pas comme des concurrents, comme des gênes pour notre liberté individuelle, mais comme ceux avec qui nous sommes conviés à construire l’humanité. 

Renonçons à notre faux idéal d’autonomie et acceptons que nous ne nous sauverons pas les uns sans les autres. 

Père Matthieu Villemot, vicaire