« Si quelqu’un est tout petit, qu’il vienne à moi »
(Pr 9,4)

Dimanche 3 octobre 2021 – 27ème dimanche du temps ordinaire  (année B)

Jésus déclare : « Amen, je vous le dis : celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas » (Mc 10,15). Il y a de fait, dans la Parole de Dieu, quelque chose d’inaccessible que ne saisissent ni les sages ni les savants, et qu’ignorent les puissants de ce monde (Lc 10,21). Mais quelque chose que Dieu se fait une joie de révéler à ceux qui l’écoutent et le suivent avec une âme de tout-petits (Mc 10,13-16). Jésus nous montre alors que nous sommes tous appelés à adopter cette voie spirituelle qui rend si fructueuse la vie intérieure, qui nous permet « d’être dans les bras de Jésus » (T. de Lisieux), de connaitre et aimer Dieu, et de vivre dès ici-bas de la vie éternelle.

Non, Jésus ne nous demande pas de reprendre la tétine pour être à Dieu. L’enfance spirituelle ne signifie pas régression, faiblesse, abandon aveugle, etc. Cette enfance n’est pas une attitude mielleuse ou incompatible avec la force d’âme, car elle exige l’humilité, une volonté vigoureuse, une maturité confirmée, un caractère ferme et ouvert, une confiance en Dieu. Nous faire tout petits signifie renoncer à l’orgueil : reconnaître que, à nous seuls avec toute notre bonne volonté et toute notre intelligence, nous ne pouvons rien, parce que nous avons besoin en toutes choses de la grâce de Dieu. Il n’y a en effet qu’un seul salut, et ce salut, qui vient par la foi en Dieu, ne dépend pas de ce que nous avons trouvé dans les livres, mais de ce que nous inscrivons, jour après jour, dans le livre de notre vie, ce livre que Dieu seul peut ouvrir ou fermer (Cf. Apocalypse 5,2). Ce salut ne vient pas de ce que nous avons, de notre apparence, mais de ce que nous sommes en vérité. Être petit exige donc de préserver l’essence de l’enfance : de s’abandonner, de demander, de croire, d’aimer, etc. Les petits en Esprit, acceptent de bon cœur de s’ouvrir à l’espérance apportée par le Fils de Dieu. C’est ainsi à tous ceux qui veulent bien l’entendre et faire l’expérience de ce dépouillement humain et spirituel, qu’il est possible de s’ouvrir à ce qui nous bouscule, à ce qui nous dépasse, d’entrer dans le royaume de Dieu.

La vie spirituelle n’est rien d’autre qu’une descente vers ce cœur profond, vers ce cœur d’enfant, de simplicité, de tendresse et de confiance, de charité. Vivre de ce cœur d’enfant est sans doute une des plus grandes grâces que nous pouvons demander aujourd’hui au Seigneur.

Père Guillaume Radenac, vicaire

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