Edito

Dimanche 10 février 2019 – 5ème dimanche du temps ordinaire (C)

Sur les pas de Saint François

Quand il vit une pauvre veuve verser dans le Trésor du Temple les deux piécettes nécessaires à sa survie, Jésus dit admiratif à ses disciples: «Elle a donné plus que tous ceux qui n’ont versé que leur superflu». En fait, il s’identifiait à cette femme, car l’heure approchait où il allait nous sauver avec les seules piécettes qui lui restaient : sa chair et son sang !

Avoir «une âme de pauvre» ne relève pas d’options économiques ou sociales commandées par une idéologie, mais bien plutôt par le renoncement à soi pour y laisser Dieu agir à sa manière. Quand il se rendit à Rome dans l’espoir de faire accepter, une première fois, les statuts de son ordre par le Pape, Saint François fit antichambre dans la rue, avec les SDF de son époque. Aujourd’hui, il prête son prénom au Saint Père, en vocable de son pontificat.

Il y a donc urgence au renoncement à soi, prérogative proprement divine mais élargie aux hommes pour leur sanctification. Et non seulement pour rebâtir l’Eglise délabrée par nos multiples dérives; non seulement pour demander l’unité des Chrétiens et rendre ainsi crédible l’annonce de la Bonne Nouvelle; non seulement pour qu’aucun croyant au monde ne justifie plus la violence et ses abus innombrables au Nom de Dieu; mais aussi pour cesser de réduire le Très-Haut à une simple opinion et pour donner, au contraire, droit de cité à ses droits, sans quoi nos libertés ne sont qu’idoles vaines et dangereuses; mais aussi pour prendre conscience qu’à l’instar de nos dégâts écologiques, tout ce qui abîme la justice et la paix désormais devient manifeste ; mais aussi pour que tout homme de bonne volonté apprenne à veiller sur ce «jardin», ou planète, qui nous est confié, ne serait-ce que par l’intercession de la prière.

Toute chose égale, c’est l’héritage de Saint François d’Assise que le Pape redéploie dans ses interventions intérieures ou extérieures à l’Eglise. Or «le temps se fait court», même s’il nous le dit avec le sourire. N’hésitons pas à partager, à notre place, son zèle et son espérance !

Père Ippolito Zandonella, vicaire