Dimanche 30 mai 2021 – Sainte Trinité (B)

Temps ordinaire

Lundi dernier, nous sommes entrés dans le temps ordinaire appelé aussi temps de l’Église. Pour ordinaire qu’il soit et justement pour cette raison-là, il n’en a pas moins un enjeu spirituel majeur. Notre époque promeut les « expériences » qui selon le philosophe Yves Michaud sont devenues le nouveau luxe. Il faut qu’elles nous dépaysent, mais en même temps qu’elles nous raccordent à nous-mêmes, nous permettent de nous dépasser pour retrouver l’équilibre et ajoutez le paradoxe que vous voudrez. Nous catholiques, parce que c’est ce monde-ci qu’il faut évangéliser, y sommes allés de nos expériences : JMJ, Taizé, FRAT, Chartres, etc. En soi, tout cela est bon et porte du fruit. C’est d’ailleurs une vraie pauvreté que de ne pas assez vivre d’expériences. Mais le risque c’est d’induire l’idée que ma vie ne vaut que si elle se vit à 100 à l’heure à multiplier les expériences. Ce qui est impossible. Le temps ordinaire nous rappelle que l’amour de Jésus pour moi est ordinaire lui aussi en ce sens qu’il n’attend pas des temps extraordinaires. Il ne se réserve pas aux grandes fêtes avec orgue et chantre, il m’est donné aussi dans une messe de semaine où le prêtre n’a rien chanté parce qu’il ne s’en est pas senti capable. Cela est vrai aussi de la vie de couple et de famille. Il est bon et nécessaire qu’un couple ou une famille ait des « temps forts » exaltants qui réconfortent chacun et lui rendent sa motivation. Mais couples et familles savent bien qu’il existe des temps vides où il ne se passe rien d’exceptionnel. Ce ne sont pas des temps où il n’y a pas d’amour, c’est une autre tonalité de l’amour, qui est indispensable elle aussi. Jésus nous en a donné la preuve par ses trente ans à Nazareth où il ne s’est rien passé que les évangélistes jugent utile de rapporter (sauf la présentation au Temple à 12 ans). Il a grandi comme tous les enfants, il a travaillé avec son père comme tant d’autres de son temps, il a pratiqué sa religion juive sans rien de particulier comme tout jeune juif. En conséquence il habite le temps ordinaire. Le temps ordinaire de nos familles, et celui de l’Église. Il l’habite de son amour et il le bénit. Et pas à pas il y tisse son Royaume final que nous célébrerons à la fin du temps ordinaire par la solennité du Christ roi de l’univers. 

Père Matthieu Villemot, vicaire

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