Edito

Dimanche 1er novembre 2020 – Tous les Saints (A)

Toussaint

Fêter tous les saints en cette période difficile, c’est un motif d’actions de grâces à plus d’un titre : D’abord, le cardinal de Lubac trouvait très consolant de songer que, quoi qu’il arrive, l’Église du ciel s’agrandit et s’agrandira jusqu’au retour du Christ. Ni la crise de l’Église, ni la baisse actuelle du nombre de pratiquants ne l’en empêchera. C’est réjouissant. Ensuite, fêter les saints inconnus, c’est se souvenir que la grâce du Christ est féconde dans notre vie, dans notre monde, aujourd’hui. Nous pourrions être tentés de penser que Dieu n’agit plus dans ce monde, qu’il s’en est détourné à force de voir ses péchés. Il n’en est rien, il est toujours à l’oeuvre et il triomphe encore dans bien des vies. Dieu fera se lever des saints dans notre temps. Il en a fait se lever dans d’autres temps bien plus tragiques, comme la seconde guerre mondiale. Un professeur au séminaire nous disait que les saints sont la réponse providentielle de Dieu aux crises de l’Église. Nous verrons des saints de la crise écologique ou des saints de la lutte contre le terrorisme islamique. Non pas des gens répondant à la haine par la haine, ou à la violence par la violence, parce que ce n’est pas ce que font les saints, mais des saints qui inventeront des chemins d’évangile dans cette crise. 

Bien sûr, fêter les saints, c’est se souvenir que nous-mêmes sommes appelés à être saints. C’est une forte exigence, inscrite dans les Béatitudes, mais c’est aussi un don. Le Christ nous offre tout ce qui nous est nécessaire pour devenir des saints, comme il l’a fait à nos prédécesseurs. Nous n’avons pas à rêver à une autre époque, à d’autres conditions, nous n’avons pas à nous rêver autres que nous sommes, c’est bien nous, tel que nous sommes, que Dieu appelle à la sainteté. 

Et pour finir, tournons-nous vers le Christ. C’est lui le Saint, tel que nous le chantons à la préface de la messe. C’est lui par conséquent qui nous conduit à la sainteté, comme il a conduit tous les autres. C’est lui qu’il faut suivre et écouter. C’est lui dont les Béatitudes dressent le portrait. Demandons-lui qu’il nous sanctifie et soyons convaincus qu’il en est capable. 

Père Matthieu Villemot, vicaire